Message de Virginie Coll, Responsable de la commission Développement Durable de la CCFI
Chers Compagnons, chers Confrères,
Je me permets de faire suite au reportage d’Envoyé Spécial diffusé jeudi soir…
La vengeance du tigre
Un reportage de Guillaume Martin et Cyril Payen
Dans les annales de Sumatra, les relations entre l’homme et le tigre ne s’étaient jamais autant dégradées. Ces derniers mois, le tigre de Sumatra mangeur d’hommes s’est mis à attaquer et tuer des villageois indonésiens. Nous avons voulu savoir pourquoi. Depuis la capture de “Salma”, une tigresse responsable de plusieurs assauts mortels, nous avons remonté la filière de la fabrication de papier au cœur de l’Indonésie. Ce que nous avons découvert, c’est un désastre écologique qui implique de grandes sociétés internationales Le groupe Sinar Mas par exemple, possède APP (Asia Pulpand Paper), l’un des pilliers de la production de papier et de pâte à papier. Il est la cible de campagnes multiples lancées par Greenpeace ou WWF dénonçant son implication dans une déforestation massive et illégale de Sumatra. Une grande partie des clients internationaux de Sinar Mas ont rompu leurs contrats de fourniture de papier devant la pression des ONG. Enquête sur un scandale écologique mondial.
On peut le voir de deux façons différentes :
- D’une manière défensive,
Le grand public, certes, ne manquera pas d’associer papier à déforestation et faire des amalgames sur les mauvaises pratiques en Indonésie avec ce qui se passe en Europe
décrédibilisant une partie des efforts effectués par notre filière en Europe pour produire le plus durablement possible un imprimé…
Mais, c’est à nous de nous organiser pour éduquer, sensibiliser et revaloriser notre média
et dans ce contexte, la Fondation Culture Papier prend tout son sens….
C’est pourquoi la CCFI a décidé de soutenir et de s’investir pleinement au sein de cette initiative.
- D’une manière plus positive (et je pense que c’est celle là qui doit être retenue)
Le reportage doit nous permettre de rebondir et de nous inciter à tous continuer à promouvoir les certifications forestières PEFC et FSC,
seules certifications internationales contrôlées par des organismes indépendants qui pourront apporter transparence et garanties
et grâce auxquelles tous les acteurs et en particulier les acheteurs et les client finaux en magasins pourront se raccrocher.
Il reste encore du chemin à faire
puisque 10 à 15% du papier consommé en France provient encore de régions du monde où l’industrie papetière est un facteur considérable de déforestation*
ce qui soulève la question de nos modes de production mais aussi du contenu des politiques d’achats à tous les stades de la filière (fournisseurs de rang 1, 2 etc…).
Les politiques d’achats papiers vont d’ailleurs faire l’objet d’une évaluation par le WWF, ce qui donnera lieu à la publication d’un classement, le PAP 50.
Beaucoup d’entre nous ont d’ailleurs été contactés par APP en Europe
mais combien d’entre nous penserons aux tigres de Summatra et résisterons face aux sirènes du prix ?
Combien chercherons à savoir quelle usine se cache derrière un revendeur ?
Reste donc pour nos sociétés à prendre l’engagement ferme et à se donner les moyens
pour que de vraies politiques d’achats durables
pas seulement basées sur des critères économiques greenwashisées
mais avec de véritables critères sociaux et environnementaux se mettent réellement en place,
et que la filière progresse vers un développement durable de l’imprimé !
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas….
A quand un reportage à Envoyé Spécial sur l’imprimé européen, un formidable matériau écologique ?
Bien à vous
Virginie Coll
Responsable de la commission Développement Durable de la CCFI


mars 16th, 2010 at 12 h 13 min
Bonjour Virginie,
Au sein de l’AACC nous avons mis en place 5 engagements dont 1 consiste à privilégier les papiers “vertueux” (certifiés ou recyclés), nous avons également un suivi des agences signataires qui devrait sous peu nosu permettre une lecture claire pour 2009.
Je suis donc bien de ton avis sur les certifications forestières mais en revanche sur le présent dossier un gros doute persiste avec APP puisqu’ils diffusent bien des papier PEFC.
Il nous faut donc bien savoir dans quelle mesure ses papiers vendus sont - ou pas - certifiés et comment faute de quoi il nous serait particulièrement complexe de prendre les bonnes décisions achats ; as-tu des infos de ton coté ?
Bien à toi
Rémy