Les librairies Barnes & Noble convoitées

Mise en ligne le 30 mai 2011

Lire Le Figaro du 23/5/11

Extrait

Le groupe de médias Liberty Media croit au potentiel de la vieille enseigne américaine dans le numérique.

ÉDITION Le boom du livre électronique fait tourner les têtes aux États-Unis. En fin de semaine dernière, Liberty Media a formulé une offre d’achat de Barnes & Noble qui valorise à 1 milliard de dollars la première chaîne de librairies outre-Atlantique, en vente depuis août dernier. Jeudi soir, le groupe de médias, présent dans l’audiovisuel (QVC, Starz Media) et Internet (Expedia, Evite), a proposé 17 dollars par action, soit une prime de 20% par rapport à son cours de clôture jeudi. Vendredi, à la Bourse de New York, le cours de Barnes & Noble, qui avait repris dernièrement des couleurs après s’être effondré de plus de 50% depuis février, s’est envolé de 30 %, à plus de 18 dollars. Preuve que le dossier fait à nouveau saliver les investisseurs.

Il y a peu, on ne donnait pourtant pas cher de ce groupe, qui a ouvert sa première librairie à New York en 1917 et qui s’est fortement développé, dans les années 19801990, à coup d’acquisitions. Barnes & Noble, qui se présente comme « la plus grande librairie du monde », dispose aujourd’hui d’un réseau de plus de 700 magasins. Mais son business model, fondé sur la vente de livres papier, est depuis plusieurs années confronté à l’explosion des ventes de livres électroniques. Un terrain sur lequel le Kindle du distributeur en ligne Amazon.com, lancé en 2007, détient les deux tiers du marché aux États-Unis, alors que la mutation du marché s’accélère : Amazon a ainsi annoncé qu’il vendait depuis avril plus de livres électroniques que de livres papier (105 livre Kindle vendus par le site pour 100 livres classiques).

Pour ne rien arranger, Barnes & Noble était fragilisé depuis un an par une querelle entre ses propriétaires. Son principal actionnaire, Leonard Riggio, qui détient avec son frère environ 30 % du capital, et le milliardaire Ron Burkle, qui en possède 19 %, s’opposaient sur la stratégie à adopter pour transformer l’entreprise.

Le rival Borders affaibli

Mais Liberty Media, contrôlé par John Malone, lorgne la position de leader de Barnes & Noble, qui laisse espérer un succès mécanique de sa propre liseuse électronique, baptisée Nook. Lancé fin 2009, deux ans après le Kindle, le Nook détient 22 % du marché américain des ebooks.

Autre atout de la chaîne de librairies : l’affaiblissement de son principal concurrent, Borders, surendetté, qui s’est placé en février sous le régime des faillites. Le deuxième réseau américain envisage de fermer un tiers de ses 642 magasins, ce qui devrait parallèlement profiter aux ventes physiques de Barnes & Noble.

Présent dans les médias mais aussi dans l’e-commerce, Liberty Media est aussi très intéressé par la division Internet de Barnes & Noble, et notamment ses chaînes de téléachat sur le câble. L’intégration du libraire dans Liberty Media devrait permettre des synergies. L’opération devrait surtout permettre à Barnes & Noble d’investir plus lourdement dans sa transformation numérique.

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