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Better World Books transforme vieux livres en bonnes actions

Mise en ligne le 03 février 2012

Lire : Les Echos du 1er février

Better World Books place des boîtes de collecte sur les campus et multiplie les partenariats avec des bibliothèques.

Pour lutter contre l’illettrisme, le plus utile n’est pas de donner des livres, mais de les revendre via Internet pour financer des programmes d’alphabétisation. Tel est le credo de l’entreprise américaine Better World Books, devenue en dix ans un des principaux vendeurs d’ouvrages d’occasion au monde.

1 L’idée

C’est une tradition sur les campus : à la fin de leur cursus, les étudiants américains revendent leurs livres de cours. Mais tous ne trouvent pas preneur. En 2002, deux jeunes diplômés de l’université Notre-Dame, dans l’Indiana, décident de proposer leurs ouvrages invendus sur les places de marché qui commencent à apparaître sur le Web, comme Amazon ou Half.com. L’expérience est probante et ils décident de l’étendre pour financer des actions d’alphabétisation. Afin d’inciter les étudiants à donner leurs manuels, ils placent de grands cartons de collecte dans les facs et s’engagent à reverser une partie du chiffre d’affaires à des associations.

« Le principe était de récolter les livres, de vérifier leur état, d’estimer leur prix le mieux possible et de les revendre en ligne, où il y avait forcément plus de demande qu’au niveau local », explique Chris Fucks, un des deux fondateurs, de passage à Paris la semaine dernière pour une conférence.

Better World Books devient une véritable entreprise en 2003, à la faveur d’un prix gagné à un concours de jeunes entrepreneurs. Les fondateurs peaufinent leur logistique, embauchent un PDG et proposent dès l’année suivante leurs services aux bibliothèques américaines. « Elles ont besoin d’argent pour acheter de nouveaux livres, mais ne savent pas comment vendre ceux qui ne leur servent plus. » La start-up s’en charge, en leur reversant 50 % du prix obtenu.

2 Le financement

Pendant les quatre premières années, Better World Books parvient à s’autofinancer. Mais, en 2008, pour continuer à croître, notamment à l’international, la start-up lève 4 millions de dollars auprès de Good Capital, un fonds américain spécialisé dans l’économie sociale et solidaire.

3 La stratégie

« Notre force, c’est d’être capables de vendre des livres usagés le plus efficacement possible et au meilleur prix, explique Chris Fuchs. Cela passe par un processus low cost pour les trier et estimer leur prix et par des méthodes permettant d’optimiser notre inventaire. »

En plus des places de marché, Better World Books vend désormais les livres sur son propre site, qui lui sert également à vanter le caractère social de sa démarche : la société reverse 7 % de son chiffre d’affaires à des programmes d’alphabétisation dans le monde entier - soit 11 millions de dollars depuis sa création.

4 Les perspectives

Better World Books reçoit chaque année entre 25 et 30 millions de livres. Son entrepôt principal, dans l’Indiana, peut stocker 4 millions d’ouvrages. Depuis quatre ans, l’entreprise est également présente au Royaume-Uni, avec un entrepôt en Ecosse. Les fondateurs cherchent encore à exporter leur modèle, mais se heurtent à la barrière de la langue. Ils envisagent aussi d’appliquer leur modèle à d’autres biens culturels, comme les CD et les DVD.

Fiche technique

Date de création : 2003.

PDG : Andy Perlmutter.

Cofondateurs : Chris Fuchset Xavier Helgesen.

Effectif : 350 personnes.

Chiffre d’affaires : 50 millions de dollars en 2011.

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