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L’italien RCS accélère la mise en vente de Flammarion

Mise en ligne le 03 février 2012

Lire : Les Echos du 30 janvier

Le propriétaire du « Corriere della Sera » est confronté à un endettement trop lourd, lié à ses acquisitions en Espagne. Mais il lui est difficile de renforcer ses fonds propres.

Objet de rumeurs depuis une dizaine de jours, Flammarion devrait bientôt être fixé sur son sort. La mise en vente de la maison d’édition française dirigée par Teresa Cremisi est à l’ordre du jour du conseil d’administration de son propriétaire italien RCS Mediagroup, convoqué pour le 13 février à Milan. Le 19 janvier, le comité exécutif de RCS avait donné le coup d’envoi à une revue de détail des actifs « non stratégiques », après avoir reçu des « manifestations d’intérêt ». Selon nos informations, Gallimard et Mondadori sont sur les rangs, même s’ils déclarent n’avoir déposé aucune offre. Côté français, Antoine Gallimard aurait chargé Mediobanca de valoriser Flammarion. Il connaît bien Teresa Cremisi, à qui il avait confié la direction éditoriale de Gallimard entre 1989 et 2005. « Entre eux, les liens ont toujours été affectifs et un rapprochement serait assez cohéren», estime une source interne à RCS. Côté italien, Mondadori (groupe Fininvest) assure que Flammarion «  ne fait pas partie des dossiers actuellement à l’étude », mais, selon nos informations, des contacts ont bel et bien été pris à Paris.

Soucis financiers de taille

Si RCS est prêt à lâcher Flammarion, acquis en octobre 2000 pour 183 millions d’euros, c’est qu’il a des soucis financiers de taille, lié à ses acquisitions en Espagne. Alors qu’il possédait déjà « El Mundo », il a acheté voilà cinq ans Unidad Editorial, le holding de contrôle de Recoletos, qui édite le journal économique « Expansion » et le sportif « Marca ». Menée au moment où démarrait la crise, dont les effets se font particulièrement sentir en Espagne, notamment sur le marché publicitaire, l’opération a coûté 1,2 milliard d’euros et a été financée par endettement. Depuis, les recettes de Recoletos sont en baisse constante et les pertes enregistrées en 2011 pourraient avoir fait plonger RCS dans le rouge. « Un vrai désastre », concède-t-on à Milan.

Selon des analystes, Unidad Editorial a besoin de 500 millions d’euros pour ramener son ratio d’endettement sur Ebitda à un niveau raisonnable. Premier problème : sa maison mère RCS est valorisée moins de 520 millions en Bourse. Deuxième problème : tout le gotha industriel et financier de l’Italie siège au tour de table de RCS, rendant impossible un accord sur une augmentation de capital.

A défaut, les actionnaires préfèrent donc réduire le périmètre. En attendant d’arbitrer le dossier Flammarion, RCS a vendu l’an passé deux petites filiales - Ge Fabbri et Delagrave -et vient d’annoncer pour la fin février la liquidation du gratuit « City », lu par près de 1,8 million d’Italiens chaque jour. Autre projet qui provoque des remous à Milan : la cession prochaine de l’immeuble de verre de la rue San Marco, construit en face du siège historique de RCS pour abriter la rédaction du « Corriere della Sera », qui se traduira par le déménagement des équipes en lointaine banlieue.

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