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Au second tour, le papier fait de la résistance

Mise en ligne le 13 mai 2012

Lire : Libération du 10 mai

Les journaux et magazines ont connu des embellies ponctuelles qui ne masquent pas une chute structurelle des ventes.

La présidentielle a eu des effets ponctuels sur les ventes de journaux. Au lendemain du second tour, l’édition du Monde s’est vendue à 420 000 exemplaires (+140% par rapport aux ventes moyennes d’un lundi). En pourcentage, c’est Libération qui s’en sort le mieux, avec des ventes à +280% sur tout le pays, selon les premiers chiffres. Le Parisien-Aujourd’hui en France a vendu 650 000 exemplaires (+60%) de son édition du 7 mai. Le Figaro, lui, a doublé ses ventes ce jour-là.

Les grands rendez-vous de la campagne, avant le scrutin, ont également boosté les ventes. Au Monde, 10% en plus, par exemple, le lendemain du discours de Hollande au Bourget, par rapport au même jour en 2011. Au Parisien-Aujourd’hui en France, 12% de ventes supplémentaires pour l’édition du 26 janvier, dans laquelle François Hollande présentait ses 60 propositions. Libération a fait 43% de ventes en plus sur l’adresse aux Français du candidat socialiste, le 3 janvier.

Au-delà des dates clés, sur la longueur, cette campagne n’a pas endigué, même temporairement, la chute structurelle des ventes de journaux. L’engouement est d’ailleurs bien en deçà de celui observé en 2007. Pour les éditeurs, cette différence s’explique par le caractère exceptionnel de la précédente présidentielle. Après les mornes années Chirac, elle proposait des candidats neufs, une femme au second tour, et un vrai suspense pour les résultats. Parmi les handicaps de 2012, on cite un président sortant, qui se présente officiellement très tard, et un candidat, Hollande, gagnant au second tour dans tous les sondages.

Si l’on compare les chiffres de mars 2012 à ceux, en diffusion France payée, de mars 2007 (OJD), tous les quotidiens sont en baisse, excepté le Figaro, quasi stable (-0,8%). Libération perd un peu moins de 8 000 exemplaires (-6%), le Parisien-Aujourd’hui en France chute de 10,3%. La plus grosse dégringolade vient du Monde, qui perd près de 44 000 exemplaires (-13%). Côté newsmags, ce n’est guère plus encourageant. Entre le premier trimestre 2012 et la même période en 2007, le Point chute de 3,6% (15 000 exemplaires perdus), l’Express de 4,5%, et le Nouvel Obs, de 6%, avec 30 000 exemplaires envolés entre les deux élections.

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