Dernière ligne droite dans la vente de Flammarion. RCS MediaGroup a fixé à mercredi le deuxième tour de vente du quatrième éditeur français, dont il attend près de 300 millions d’euros. Un conseil d’administration est prévu ce jour-là. A défaut d’obtenir des intentions suffisamment généreuses, le groupe italien, en difficulté, laisse encore entendre qu’il pourrait renoncer à sortir du capital.
Cinq candidats sont sur les rangs. Candidat déchu en 2000 quand la famille Flammarion a voulu céder ses parts, Gallimard a ouvert des discussions bien avant l’ouverture du processus d’enchères « officiel », avec une offre qui aurait avoisiné les 200 millions d’euros. Un montant jugé insuffisant par RCS MediaGroup, qui avait déboursé 160 millions il y a dix ans pour l’emporter sur Gallimard.
Une alliance de poids
En face, ses concurrents ont rallié leurs forces. L’alliance Albin Michel-Actes Sud est désormais soutenue par le fonds d’investissement Chequers Capital pour déposer une offre mercredi. Avec la reprise de Flammarion, l’ensemble deviendrait numéro trois du marché et créerait un pôle indépendant, disposant d’une part de marché suffisamment critique pour tirer profit de la bascule vers le numérique. Dans cette opération, Actes Sud, bien que rentable comme Flammarion, gagnerait des moyens qu’il n’a pas, et Albin Michel y trouverait des synergies dans la distribution et pourrait notamment opérer un rapprochement entre les éditions J’ai Lu de Flammarion et le Livre de Poche. Le trio entend aussi offrir à terme une solution successorale à la tête du groupe. Autre acquéreur potentiel de poids, le numéro deux de l’édition en France, Editis (Nathan, Plon-Perrin, Robert Laffont ou La Découverte), reste discret sur ses intentions. Enfin, le nom du groupe américain HarperCollins reste évoqué.

