L’usine axonaise va avoir besoin de 230 000 tonnes de vieux papiers par an.
Filière. L’usine de Château-Thierry pour des circuits courts et la collecte dans les PME.
L’usine Greenfield de Château-Thierry a un gros appétit : 190 000 tonnes de vieux papiers chaque année. C’est la quantité nécessaire pour produire 125 000 tonnes de pâte recyclée « haute blancheur ». Cette unité du groupe Arjowiggins (filiale de Sequana) va même monter sa capacité de production à 150 000 tonnes, pour répondre à une demande de plus en plus forte. « Les entreprises veulent communiquer à partir de papier recyclé », constate Luce Cate, chargée des relations publiques.
Les besoins de l’usine axonaise vont s’en ressentir : 230 000 tonnes par an, qui seront englouties dans les machines de cycles à broyer, laver, désencrer et recycler en pâte à papier.
Pour accroître ses capacités, Greenfield investit 1,5 million cette année. L’effectif actuel de 80 personnes ne sera pas augmenté pour autant, dans cette usine hyperautomatisée que dirige Laurent Benault.
L’objectif est de répondre aux besoins des usines d’Arjowiggins Graphic qui produisent des papiers recyclés extra blancs, ainsi qu’à ceux d’une clientèle externe pour la production de papiers impression-écriture, ou de papiers spéciaux.
Porté par la vague du Grenelle de l’environnement, l’usage de papier recyclé est devenu tendance. Moins consommateur d’eau et d’énergie (électricité, gaz), il répond aux fameux critères « éco-responsables». « Une fibre peut être recyclée cinq fois », souligne Luce Catte.
Problème de taille, la demande est supérieure à l’offre en vieux papiers. « Pour les papiers d’usage domestique, les filières de collecte sont bien organisées. Mais chez Greenfield, nous utilisons des papiers de bureau issus de fibres blanches, pour éviter le jaunissement. Or, sur un gisement annuel de 900 000 tonnes en France, plus de 500 000 tonnes ne sont pas recyclées. » Et Luce Catte d’indiquer qu’Antoine Lefèvre, sénateur-maire de Laon, avait interpellé le ministère de l’Écologie sur les problèmes de la filière de recyclage. On estime qu’un poste administratif équivaut, en moyenne, à la consommation d’un kilo de papier par semaine. « Les gros opérateurs de la collecte s’intéressent aux gros gisements. » Beaucoup moins aux TPE et PME qui n’ont pas de collecte systématique et structurée.
Une opération de sensibilisation vient donc d’être lancée avec l’agence Aisne développement, le conseil général, la CCI, les communautés de communes du sud de l’Aisne, etc. Le but est d’organiser une collecte plus systématique au profit des entreprises Greenfield, Saïca et Everbal, présentes dans l’Aisne. « Nous voulons encourager des filières courtes », explique Luce Catte, pour limiter les sources d’approvisionnement trop éloignées. Des établissements scolaires spécialisés (Esat, etc.), des acteurs de l’économie sociale et solidaire peuvent tirer profit de cette activité de collecte. Même si leur contribution doit rester modeste, c’est l’exemplarité qui est aussi recherchée.

