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Malgré des résultats décevants, News Corp. tente de reprendre la main

Mise en ligne le 13 août 2012

Lire : Les Echos du 10 août

Le groupe a publié une perte de 1,55 milliard de dollars au quatrième trimestre de son exercice, en raison de dépréciations et de restructurations dans son activité presse. La scission devrait démarrer avant la fin de l’année.

Le magnat australien pourrait, à terme, se résigner à une vente partielle ou totale des activités « print », en déclin.

C’est une année charnière qui vient de s’achever pour News Corp., avec la publication mercredi soir des résultats du quatrième trimestre de son exercice 2011-2012. Laminé par l’affaire des écoutes de « News of the World », embourbé dans des rivalités au sommet et emporté par la crise de la presse, le groupe tente néanmoins de reprendre la main.

Première étape annoncée de sa gigantesque réorganisation : la scission du groupe en deux entités, que Rupert Murdoch continuera de diriger : la presse et l’édition, d’un côté, l’audiovisuel et le cinéma, de l’autre. Ce choix, dicté par plusieurs actionnaires et effectué à contrecoeur avant l’été par le magnat australien, pourrait préparer le terrain à une vente totale ou partielle des activités « print », en déclin. La presse et l’édition, désormais rassemblées dans les comptes du groupe, ont vu leur bénéfice opérationnel fondre de moitié en un an, lors du dernier trimestre (voir ci-dessous).

Mercredi soir, le directeur d’exploitation de News Corp., Chase Carey, qui mène le projet de scission, a confirmé que le processus allait bientôt démarrer. « Tout se passe comme prévu, a-t-il expliqué au cours de la conférence des analystes. Nous prévoyons de déposer des dossiers auprès des autorités de régulation vers la fin de l’année. » La séparation complète des deux entités devrait être effective en milieu d’année prochaine.

« Nos activités de presse et d’édition sont tout à fait sous-valorisées par les sceptiques, écrivait Rupert Murdoch dans un mémo interne à ses salariés, il y a plus d’un mois. Grâce à cette transformation, nous allons libérer leur véritable potentiel et nous serons à même de mieux exprimer la vraie valeur pour les actionnaires. »

Crise de leadership ?

La décision a plutôt été bien accueillie par les marchés : depuis la fin juin, l’action de News Corp. a gagné plus de 15 % à New York, boostée également par le double programme de rachat d’actions engagé, pour un total de 10 milliards de dollars.

En parallèle, le groupe pourrait concrétiser son envie de remonter au capital du bouquet de télévision britannique BSkyB, dont il détient aujourd’hui 39 %. Une rumeur démentie par Rupert Murdoch à plusieurs reprises, mais qui resterait d’actualité. Le projet, envisagé avant que n’explose le scandale « News of the World », pourrait être ressorti des cartons l’an prochain, après la séparation des activités.

Reste à savoir si le magnat aura toute latitude pour déployer son plan d’action. Les événements des derniers mois (démission de James Murdoch de News International et de BSkyB notamment) ont montré que les actionnaires avaient la capacité d’influencer les décisions. Et deux visions pourraient s’opposer dans les prochains mois : celle de Rupert Murdoch, décidé à conserver ses activités historiques de presse et à investir pour aider les titres du groupe (parmi lesquels le « Sun », le « New York Post », le « Times » ou encore le « Wall Street Journal ») à réussir leur mutation numérique, et celle d’actionnaires de poids, favorables à un recentrage sur les activités audiovisuelles.

De la télévision à la presse, un empire aux performances contrastées

News Corp. a vu fondre de 57 % son bénéfice annuel. La télévision continue de tirer la croissance du groupe, tandis que la presse s’enfonce dans la crise.

Epilogue d’une année agitée pour News Corp. : le bénéfice annuel du géant des médias a chuté de 57 %, principalement en raison des dépréciations et restructurations dans son activité presse. News Corp. a publié mercredi un bénéfice net de 1,18 milliard de dollars, contre 2,74 milliards en 2011. Le groupe a aussi annoncé un chiffre d’affaires en progression de 1 % sur l’année, à 33,71 milliards de dollars.

La situation du groupe, et en particulier de son activité presse, s’est dégradée au quatrième trimestre, en raison de la baisse du marché publicitaire mais aussi des dépréciations et restructurations préparant la scission de l’activité « publishing » (presse et édition), qui ont atteint 2,9 milliards de dollars.

Le marché publicitaire a notamment connu un fort ralentissement au Royaume-Uni et en Australie. News Corp. a aussi dû faire face à un manque à gagner après la fermeture de « News of the World » à l’été 2011. Enfin, les frais de justice liés à l’affaire des écoutes ont coûté 57 millions de dollars. Les bonnes performances de la filiale Dow Jones, notamment la hausse des recettes du « Wall Street Journal », n’ont pas suffi à combler ces pertes. D’où un chiffre d’affaires inférieur aux attentes au quatrième trimestre et une rentabilité dégradée.

La TV payante pour locomotive

Dans les autres activités du groupe, la situation est plus contrastée. Le cinéma et les studios Fox ont connu un quatrième trimestre difficile, avec un bénéfice d’exploitation réduit de moitié en raison des frais de lancement de deux grandes productions, « Prometheus » et le nouvel épisode du dessin animé « L’Age de glace ». La comparaison avec l’exercice précédent n’est pas favorable : l’an passé, la branche avait bénéficié du succès du film d’animation « Rio ». La télévision, elle, reste la locomotive du groupe. L’activité de télévision payante par câble continue de générer la majorité des profits de News Corp. Elle représente 61 % du bénéfice opérationnel du groupe en 2012 (contre 57 % en 2011). Sur l’année écoulée, sa croissance a été tirée par les marchés émergents, en particulier l’Asie et l’Amérique latine, qui constituent les deux tiers de la croissance internationale de Fox International Channels. Sur l’activité de télévision par satellite, Sky Italia a souffert, lors du quatrième trimestre, de la baisse de son nombre d’abonnés (environ 42.000).

Pour le prochain exercice, News Corp. a indiqué qu’il tablait sur un bénéfice opérationnel proche de 6 milliards de dollars, en progression de 10 %.

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