Le Canard enchaîné fête ses 100 ans

Mise en ligne le 10 juillet 2016

Lire Le Figaro du 7/7/16 page 25

Extrait

Le journal satirique, qui vend 400.000 exemplaires par semaine, reste prudent sur le Web.

«Il y a un siècle, Le Canard prenait son envol», titrait mercredi Le Canard enchaîné . Et c’est presque vrai. Fondé par Maurice et Jeanne Maréchal, l’hebdomadaire satirique a en réalité été créé le 10 septembre 1915, mais seulement pour cinq numéros. Des problèmes de censure et des galères d’approvisionnement en papier ont eu raison des vrais débuts du journal. Mais Le Canard a été relancé le 6 juillet 1916 et est paru régulièrement depuis, mis à part son arrêt durant la Seconde Guerre mondiale.

«Par la suite, les problèmes financiers ont bien failli à nouveau mettre à terre le journal», rappelle Michel Gaillard, président du Canard enchaîné et directeur de la publication. En 1953, la menace du rachat du titre par Frampar, l’éditeur de France Soir, a jeté les bases de ce qui assure depuis l’indépendance totale du titre. En sortant de plus en plus d’info, le journal s’est effectivement envolé dans les années 1950 et 1960, notamment pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie. Sous de Gaulle, quand les finances du journal se sont redressées, ses actionnaires, tous des journalistes salariés, ont décidé de mettre en place des réserves statutaires qui ne peuvent faire l’objet de dividende. Résultat, Le Canard est aujourd’hui assis sur une réserve de 120 millions d’euros qui lui permet de voir venir l’avenir…

Cet avenir restera dominé par le papier. «Nous n’aimons pas jouer sur tous les tableaux en même temps, explique Michel Gaillard. Les kiosquiers restent nos premiers prescripteurs. Et Internet se développerait nécessairement au détriment du papier et demanderait la mise en place d’une nouvelle équipe. Or nous n’avons pas encore trouvé de modèle viable.»

Une version payante pour tablette à l’étude

La messe est dite ou presque. Tout au plus, Le Canard «réfléchit» à un format payant pour tablette qu’il destinerait à ses plus fidèles lecteurs à l’étranger quand ces derniers n’ont pas accès à la version papier. «Nous ne sommes pas fermés», assure Michel Gaillard.

Le Canard enchaîné se porte très bien. L’hebdo, qui fait travailler 40 salariés et une petite trentaine de pigistes réguliers, s’écoule à près de 400.000 exemplaires chaque semaine, «sans pub et sans vente aux tiers comme aux compagnies aériennes», tient à préciser le patron du journal.

Le numéro anniversaire de cette semaine comprend un cahier de quatre pages qui retracent les grands scandales révélés par Le Canard, comme l’affaire du sang contaminé en 1989 ou celle des électeurs fantômes de Jean Tiberi en 1997… À venir aussi, le 6 octobre prochain, un pavé de 650 pages aux éditions du Seuil qui célébrera le siècle du palmipède désormais «en route pour le bicentenaire».

VIDÉO – «Le journal ne vit que de ses lecteurs et de ses abonnés», explique Erik Emptaz, rédacteur en chef du Canard enchaîné.

 

1 Commentaires pour cet article

  1. Jazlynn :

    Reading posts like this make surfing such a plurseae

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