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Propagande électorale : Bercy veut supprimer l’envoi papier

Mise en ligne le 17 septembre 2016

Lire : Les Echos du 15 septembre

Le gouvernement est prêt à dématérialiser les professions de foi pour les élections présidentielle et législatives de 2017.

Le coût de l’envoi papier est estimé à 215 millions d’euros.

 

Une année électorale sans tracts de campagne officielle qui débordent des boîtes aux lettres ? C’est ce qui se dessine : le gouvernement s’apprête à opter pour la dématérialisation des professions de foi des candidats aux prochaines élections présidentielle et législatives. Le prochain projet de loi des finances pour 2017 devrait acter, selon nos informations, la fin des envois papier de la propagande électorale. « C’est sur le point d’aboutir », assure une source ministérielle. Une mesure présentée comme indispensable pour moderniser le processus d’information des électeurs, mais qui a surtout l’avantage en cette période de disette budgétaire de s’attaquer à un important poste de dépense : 215 millions d’euros pour les deux scrutins de l’an prochain, selon un rapport commandé l’an dernier par Bercy et le ministère de l’Intérieur.

 

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement tente de mettre fin à l’envoi de tracts électoraux papier. En 2014 et 2015, la manoeuvre s’était soldée par un échec : des parlementaires de tous les bords politiques s’étaient ligués pour torpiller la mesure lors des examens des lois de finances. Un front du refus qui arguait qu’une partie de la population française n’avait toujours pas accès à Internet.

Un rapport sans pitié

 

Mais ces deux rebuffades n’ont pas découragé Bercy. Au ministère de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve veut également voir aboutir une mesure qu’il soutenait lorsqu’il était encore ministre du Budget en 2014. C’est la raison pour laquelle les deux ministères ont commandé un rapport l’an dernier, confié à l’Inspection générale de l’administration et au Contrôle général économique et financier, afin de faire mûrir le sujet. Celui-ci s’est révélé sans pitié pour l’envoi papier des professions de foi électorales. Le rapport ­conclut à l’inefficacité du dispositif (beaucoup d’électeurs ne les reçoivent pas) et à un impact environnemental très négatif (les envois papier des scrutins de 2012 ont représenté l’équivalent de 105 hectares de forêt). Surtout, le coût de l’opération pour les élections présidentielle et législative est évalué à 215 millions sur les 350 millions de dépenses occasionnées par les deux scrutins. En remplaçant ces envois papier par une propagande électorale dématérialisée et l’envoi à chaque électeur d’un courrier d’information, le rapport chiffre l’économie à 150 millions. Du côté du gouvernement, on estime que l’économie devrait se monter à 168 millions.

 

Fort de ces chiffres éloquents, Bercy et le ministère de l’Intérieur reviennent donc à la charge. Il veulent mettre les parlementaires devant leurs responsabilités, alors que la France doit en principe voir son déficit public passer sous la barre des 3 % du PIB l’an prochain : si jamais ils voulaient bloquer la mesure, charge à eux de la remplacer par des économies équivalentes, ce qui n’a rien d’évident.

 

Le gouvernement dispose par ailleurs d’un levier supplémentaire face aux députés : les modalités du scrutin présidentiel ne sont pas régies par la loi mais par décret, ce qui donne une marge de manoeuvre supplémentaire…

 

1 Commentaires pour cet article

  1. Heihel :

    Bonjour,

    de mon point de vue, l’argument de l’impact environnemental négatif ne tient pas.
    Personne ne parle de la pollution invisible d’internet.

    Par exemple:
    l’envoi d’un mail consomme autant d’énergie qu’une ampoule allumée durant 24 heures.
    Les centres de données, ou datacenters, qui conservent toutes nos informations, ont besoin d’être constamment réfrigérés (système de climatiseur en continu) et sont très gourmands en énergie. À l’intérieur de ces centres, des centaines de serveurs fonctionnent à plein régime.
    Un film de Coline Tison et Laurent Lichtenstein, intitulé « Internet la pollution cachée », révèle la face cachée de notre consommation web. La navigation virtuelle repose en effet sur des infrastructures très réelles. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: en une seule journée, Google consomme autant d’électricité qu’une ville de la taille de Bordeaux.

    Source:
    http://www.graphiline.com/article/21391/pollution-invisible-d-internet
    http://www.ccfi.asso.fr/blog/2016/06/labandon-du-papier-est-elle-une-solution-ecologique/

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