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Royaume-Uni : les journaux papier sont toujours plus attirants que leurs versions numériques

Mise en ligne le 12 mars 2017

Lire : Horizons Médiatiques du 3 mars

 

Télécharger : l’enquête (35 pages)

 

Une enquête anglaise révèle que malgré l’importance donnée par les journaux à leurs versions numériques, 89 % de la consommation de quotidiens au Royaume-Uni passe toujours par le papier.

 

Combien de temps passons-nous à la lecture des journaux papier ? Est-ce vrai que nous dédions de plus en plus de temps à leurs versions numériques ? Ce sont des questions posées lors d’une enquête menée par Neil Thurman, professeur de la City University of London et l’Université Louis-et-Maximilien de Munich.

 

L’étude, titrée « Consommation de journaux à l’ère mobile : réévaluation de la performance multiplateforme et de la part de marché en utilisant le temps passé », a analysé les données de onze éditeurs de journaux au Royaume-Uni collectées par ComScore (entreprise américaine d’analyse publicitaire), l’Audit Bureau of Circulations, et le National Readership Survey.

 

Selon ses conclusions, 88,5 % du temps dédié à la lecture des journaux nationaux est passé sur leurs éditions papier. Seulement 7,49 % de la consommation se fait à travers des dispositifs mobiles, et 4 % sur des ordinateurs de bureau. L’étude affirme que les Britanniques dédient une moyenne de 40 minutes chaque jour aux journaux papier, mais moins d’une minute aux versions numériques.

 

Comment expliquer, alors, l’importance que les médias donnent à leurs versions en ligne ? « En regardant le reach ou le nombre de lecteurs, la version en ligne semble beaucoup plus impressionnante parce que nous sommes habitués à voir des utilisateurs uniques rapportés par mois, tandis que la circulation d’impression est rapportée quotidiennement », a expliqué Neil Thurman à journalism.co.uk. Les caractéristiques mêmes du support comptent, bien sûr : le temps de lire quelques pages d’un journal papier, on a eu le temps de parcourir des douzaines de sites et d’apps.

 

La période analysée court entre avril 2015 et mars 2016, les onze titres considérés étant The Mail, The Sun, The Telegraph, Mirror, The Times, The Guardian, Express, Star, Record, The Herald et The Scotsman. Parmi eux, les lecteurs du Mail (22,4 %) et du Guardian (25,3 %) sont ceux qui dédient le plus de temps à la lecture en ligne : sans eux, la part des éditions papier face au numérique passe à 95 %. À l’inverse, les lecteurs du Herald passent en moyenne 50 minutes par jour à tourner des pages, mais seulement 9 secondes à cliquer.

 

Selon Thurman, si nous considérons uniquement le nombre de lecteurs, nous ne prenons pas en compte l’attention que les lecteurs consacrent à leurs titres favoris. « Cette recherche, dans une certaine mesure, suggère que le journal papier est un support sous-estimé en termes de l’attention qu’il peut attirer du public », explique-t-il. L’enquête souligne le fait que malgré ces chiffres, la circulation des éditions imprimées est en forte baisse, et qu’il en va de même avec le chiffre d’affaires des journaux. Ce déclin des journaux se poursuivra, explique l’étude, « avec des conséquences sociales, culturelles et politiques importantes ».

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