Premières défections sur Facebook Instant Articles

Mise en ligne le 16 avril 2017

Lire Le Figaro du 23/4/17 page 26

Extrait

Déçus par les niveaux de monétisation, des éditeurs, dont le New York Times et Forbes, se sont retirés de cet outil de publication sur mobile.

Le New York Times, le groupe Hearst (Cosmopolitan) ou Forbesfont partie des éditeurs ayant décidé de se retirer d’Instant Articles, l’outil de publication sur mobile de Facebook, relate le site spécialisé Digiday. D’autres, comme Condé Nast, ont opté pour une réduction du nombre d’articles publiés sur ce format. Principale raison invoquée: la monétisation. Ces médias estiment qu’ils tirent plus de revenus publicitaires de leurs pages classiques sur Facebook que d’Instant Articles. La conversion d’un lecteur en abonné y serait également moins forte.

Lancé fin 2015, Instant Articles permet aux médias de publier leurs contenus au sein de l’application Facebook. Affichés instantanément avec une mise en page épurée, ils sont censés offrir plus de confort de lecture et donc inciter les internautes à lire davantage. Si de nombreux éditeurs ont rejoint avec enthousiasme ce format, les critiques n’ont pas tardé à pleuvoir: pas assez d’espaces publicitaires, peu de datas partagées et surtout une rupture du lien entre le lecteur et le site du média. Dès le printemps 2016, plusieurs éditeurs comme NBC News ou le Boston Globe avaient décidé de lever le pied. Le Parisien, qui a fait partie des premiers médias disponibles sur Instant Articles en France, n’exclut aujourd’hui pas de se retirer du programme si la monétisation ne s’améliore pas. Mais il n’a pas modifié son nombre de publications.

Améliorations

«Instant Articles est adapté si vous cherchez avant tout à acquérir de l’audience et à exposer votre marque.»Xavier Grangier, directeur du pôle numérique de « Libération »

Xavier Grangier, directeur du pôle numérique de Libération

D’autres éditeurs se montrent au contraire satisfaits de cet outil. La quasi-totalité des publications Facebook du Guardian sont sur Instant Articles. «Nous monétisons un peu mieux nos articles sur ce format que sur notre site mobile», affirme Xavier Grangier, directeur du pôle numérique de Libération, le seul média français à être passé 100 % Instant Articles. «Cela nous rapporte plus de followers sur Facebook et le temps de lecture est doublé. Nous n’avons aucune raison d’arrêter.» Selon Xavier Grangier, l’adoption de ce format dépend de la stratégie de chaque titre. «Instant Articles est adapté si vous cherchez avant tout à acquérir de l’audience et à exposer votre marque. Ce l’est moins si la monétisation et la conversion en abonnement sont vos priorités.»

Facebook, à l’écoute des critiques, a profondément fait évoluer son outil ces derniers mois. Les médias peuvent désormais suggérer d’autres articles aux mobinautes au pied de chaque contenu. Depuis peu, les lecteurs peuvent s’inscrire à des newsletters depuis Instant Articles. L’action se fait en un clic, puisque Facebook connaît l’adresse e-mail de l’internaute… Le réseau social teste également chez certains médias, dont l’allemand Bild, la souscription d’abonnement sous forme de période d’essai gratuite de une à deux semaines. Facebook fournit à l’éditeur un e-mail et un identifiant client ; à charge à lui de relancer l’internaute pour le transformer en abonné payant. Enfin, le nombre de publicités va prochainement augmenter. De quoi peut-être faire changer d’avis les éditeurs devenus réticents. «Nous n’avons pas définitivement fermé notre porte», affirme le New York Times.

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