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L’opération de charme de Facebook auprès des éditeurs de presse européens

Mise en ligne le 14 juillet 2017

Lire : Les Echos du 12 juillet

 

Les éditeurs européens qui rencontraient Facebook mercredi à Paris demandent des gestes concrets.

 

« J’ai pensé au serpent qui hypnotise Mowgli dans ‘Le livre de la jungle’ ». C’est ainsi qu’a réagi un des éditeurs de presse européens parmi la trentaine présents mercredi à Paris pour une réunion avec une demi-douzaine de cadres de Facebook, dont Fidji Simo, la Française dans le top management de la société de Mark Zuckerberg. Autrement dit, même s’ils apprécient que le plus grand réseau social du monde veuille engager un dialogue constructif avec eux, les patrons de presse lui demandent des mesures concrètes et pour certains le soupçonnent de les endormir avec des promesses qui ne se matérialiseront toujours que plus tard.

 

Depuis qu’il est devenu clair que Google et Facebook captent l’essentiel du marché de la publicité en ligne, le secteur de la presse, qui voit la publicité baisser sur ses supports traditionnels, est engagé des deux côtés de l’Atlantique dans une intense guerre de lobbying. Aux Etats-Unis, il vient de se regrouper dans une alliance pour négocier d’une seule voix face aux Gafas. Facebook a de son côté lancé son « Facebook Journalism Project » dans le but de renforcer ses liens avec l’industrie de l’info.

Crédibiliser les informations partagées

 

Concrètement, la presse reproche aujourd’hui à Facebook de ne pas avancer sur son projet d’aider la presse payante en permettant à ses membres d’être redirigés vers une page où ils pourraient s’abonner. Les tests n’auront lieu qu’à l’automne. En outre, des éditeurs se plaignent qu’on veuille leur imposer un nombre minimum d’articles gratuits avant de déclencher le « paywall ». Enfin, certains éditeurs apprécient peu que ce système soit destiné à fonctionner seulement sous le format « Instant Articles ». Celui-ci ne les satisfait pas, notamment parce que même si les publicités qui y sont placées rapportent à Facebook, il est très peu lucratif pour les médias pris individuellement.

 

Facebook a par ailleurs promis de mettre en avant le logo des médias pour crédibiliser les informations partagées. Mais il demande à faire des tests. « Je ne vois pas ce qu’il y a à tester, ça paraît tellement évident » dit un éditeur. Dans le même ordre d’idées, le réseau social refuse toujours de classer les sites, journaux et magazines en fonction de leur « respectabilité ». Les éditeurs demandent que les sources ne soient pas mises sur le même plan car ils trouvent injustes de ne pas être distingués des colporteurs de « Fake news ».

 

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