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La santé, créneau porteur pour la presse

Mise en ligne le 11 septembre 2017

Lire Le Figaro du 8/9/17 page 28

Extrait

En phase avec l’aspiration des Français à améliorer leur hygiène de vie, les éditeurs multiplient les magazines où il est moins question de guérir les maux que de les prévenir.

Embouteillage en vue dans les rayons «santé bien-être» des marchands de journaux. Depuis le début de l’année, pas moins de quatre nouveaux magazines ont fait leur apparition dans les rayonnages: Ça m’intéresse Santé (Prisma), Sens et Santé (Groupe Le Monde), Doctissimo le magazine (Pressmaker) et le dernier venu, Dr Good! (Mondadori), incarné par Michel Cymes. Début novembre 2016, le groupe Figaro a également lancé Le Particulier Santé, qui rejoint le trimestriel Le Figaro Santé (2014) en kiosque. Il faut aussi ajouter les multiples hors-série de newsmagazines consacrés à cette thématique. «Il y a un mouvement indéniable envers un sujet qui intéresse les Français, et dont les résultats chez les marchands de presse sont notables», souligne Muriel Tallandier, présidente de l’éditeur Pressmaker.

Si le leader du secteur, Top Santé (Mondadori, créé en 1990), a vu ses ventes reculer de 7 % en 2016, à 331.000 ventes par mois, le reste du segment est florissant. Son rival historique, Santé Magazine (UNI éditions, 1976), a bondi de 4 %, à 317.000 exemplaires. Vital, relancé en 2013 par Mondadori à l’adresse des 30-40 ans actives, a progressé de 6 % avec 67.000 ventes. Mais les nouveaux venus se détachent de leurs aînés. De magazines revendiqués comme féminins, avec de nombreux dossiers sur la perte de poids, les nouvelles revues se veulent unisexe. Exit également les conseils pour traiter des maux déjà installés (grippe, varices, mal de dos…). La presse santé nouvelle génération cherche avant tout à les prévenir. «L’objectif de Dr Good! est que vous ayez beaucoup moins besoin de vous rendre chez le médecin, car vous aurez acquis de bonnes habitudes, explique ainsi Michel Cymes, qui supervise ce nouveau magazine. Les Français entendent désormais ce discours de prévention et veulent mieux prendre soin d’eux.»

Des approches différentes

Rééquilibrer son alimentation, faire de l’exercice, méditer… Si les thématiques de chacune de ces revues se recoupent, chacune a son public. «Nous avons une vision médicale, avec une grande thématique traitée par des spécialistes, comme le bien manger ou les médecines douces», souligne Muriel Tallandier pour Doctissimo le magazine. Le Particulier Santé a aussi adopté une approche scientifique. Sens et Santé du groupe Le Monde se veut plus lifestyle et aspirationnel. Cuisiner écolo et sans déchet ou l’autoguérison par l’hypnose font partie des principaux sujets traités dans les quatre premiers numéros, qui veulent «relier le corps et l’esprit». En kiosque, Sens et Santé navigue du côté de Flow, Happinez ou Simple Things, ces revues prônant un mode de vie sain et célébrant les petits plaisirs du quotidien. Cette nouvelle catégorie de presse a le vent en poupe, avec des progressions de vente de 5 % à 10 % par an, en dépit de prix élevés. La nouvelle presse santé suit cette voie, avec des tarifs oscillant entre 5 et 9 euros le numéro.

«Ces nouveaux modes de vie, que l’on pensait réservés à une certaine élite, vont s’installer durablement», estime Muriel Tallandier. D’où la ruée pour capter les parts de marché. «Il risque d’y avoir un encombrement, poursuit-elle. Seuls quelques titres tireront leur épingle du jeu.»

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