Categories | Numérique

Quand le livre papier retrouve des couleurs face au livre numérique aux Etats-Unis

Mise en ligne le 11 septembre 2017

Lire : Challenges du 6 septembre

 

Au premier semestre 2017, les quatre principaux éditeurs américains ont vu leur chiffre d’affaires augmenter significativement. C’est surtout le livre papier qui se porte bien, au détriment du livre numérique dont les ventes baissent. Mais le phénomène de l’autoédition montre que le livre numérique continue de séduire les lecteurs.

 

Et si le livre papier redevenait à la mode? La question peut sembler incongrue tant le vénérable livre semble éloigné des préoccupations premières des millenials. Pourtant, selon Publishers Weekly cité par Livres Hebdo, quatre des cinq plus grands éditeurs américains ont vu leurs ventes augmenter au premier semestre 2017. Houghton Mifflin Harcourt Trade voit son chiffre d’affaires grimper de 12,6%, Simon & Schuster +10,05%, Lagardère publishing, + 5,1% et Penguin Random House +1,1%. HarperCollins au contraire, connaît une baisse de 1,3%. Cette hausse touche surtout les livres papiers et les livres audio, au détriment des livres numériques dont les ventes sont en baisse. Déjà, l’année 2016 s’était soldée par une baisse de près de 20% des ventes de livres numériques. Cette bonne santé du livre physique aux Etats-Unis est d’autant plus étonnante qu’aucun titre n’a crevé les plafonds. Les éditeurs mettent en avant l’importance de leur fonds pour expliquer la relative bonne santé du secteur. Mais ils ont également changé radicalement leur approche commerciale pour accroître leur visibilité en ligne.

Même phénomène en Grande Bretagne

 

Le phénomène n’est pas propre aux Etats-Unis. En 2016 au Royaume Uni les ventes de livres physiques ont augmenté de 6% tandis que les livres numériques baissaient de 4%, selon Nielsen Book Research. Ce regain d’intérêt pour le livre papier a d’abord été attribué à l’explosion des livres de coloriage pour adulte (notable en 2015 avant de se tasser en 2016), mais Nielsen souligne que ce sont plutôt les ventes de livres de fiction pour la jeunesse qui ont nettement progressé en 2016, les jeunes générations préférant les livres papier à leur équivalent numérique. Lors de la présentation de l’étude, Steve Bohme, directeur de recherche chez Nielsen, a expliqué que  » les jeunes utilisaient des livres imprimés pour se reposer des écrans et des réseaux sociaux « . La baisse des ventes des livres numériques peut aussi s’expliquer par une hausse du prix des e-books (il arrive que le prix de l’édition imprimé soit équivalent voire inférieur à celui de l’ebook).

L’autoédition numérique en hausse

 

Malgré la baisse apparente des ventes, le livre numérique est loin d’être enterré. En effet, les études sectorielles des éditeurs ne prennent pas en compte le phénomène de l’autoédition numérique. Amazon s’est fait une spécialité de cette diffusion de livres dont certains deviennent de véritables best-sellers, même en France où  » Les gens heureux lisent et boivent du café  » d’Agnès Martin-Lugand a entamé sa carrière comme livre numérique chez Amazon avant d’être imprimé chez Michel Lafon.  » 50 nuances de Grey  »  de E. L. James a commencé de la même façon avant de devenir un best-seller mondial.

 

Share

Les commentaires sont fermés

Notre mission

La CCFI a pour mission de fédérer tous les acteurs de l'Industries Graphiques et assurer une veille technologique nécessaire à la maitrise de nos métiers et process d'aujourd'hui et de préparer ceux de demain.