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Face à une baisse d’activité, Paragon fusionne ses deux imprimeries

Mise en ligne le 07 octobre 2017

Lire : Le Journal du Centre du 5 octobre

 

En janvier 2014, Paragon remplaçait l’enseigne RR Donnelley. Bientôt ces locaux seront à vendre.

 

Les millions de mailings en papier qui faisaient la force de PMS disparaissant peu à peu, Paragon ferme l’imprimerie et rapatrie machines et personnel.

 

À peine quatre ans après le rachat de RR Donnelley par Paragon Transaction, entreprise devenue Paragon Marketing Solution (PMS), la direction décide de fermer le site, situé dans la zone industrielle du Tremblat, à Villechaud. « On perd de l’argent », lance, sans détour, Denis Avallone, directeur des ressources humaines de l’entreprise cosnoise.

 

Pas difficile de comprendre que les plus gros demandeurs de mailings « papier grand public » que sont la Redoute ou la Camif par exemple, clients majeurs de l’ex-RR Donnelley, ont opté pour le numérique.

La fin des mailings à des millions d’exemplaires

« La Redoute, c’était notre plus gros client. De pas moins de quatre mailings par an de trois millions d’exemplaires chacun, elle est passée à deux mailings par an de 40.000 exemplaires chacun », témoigne le directeur. Pour lequel, c’est clair, « demain, il n’y en aura plus. C’est l’évolution du monde ».

Et des exemples, il en a des tonnes. « Avant, nous recevions deux déclarations d’impôts par an en couleur, puis deux en noir et blanc, puis une seule et maintenant, tous ceux qui ont des revenus supérieurs à une certaine somme sont obligés de remplir leur déclaration par internet, sous peine de sanction. »

À ce rythme, c’est la disparition assurée du papier. « Car il se passe la même chose avec le marketing commercial. Les grosses entreprises de consommation diffusent leurs produits marketing par mail. Gain de temps et d’argent et d’efficacité. Les consommateurs sont eux-mêmes demandeurs de ce procédé. »

La volonté de rapatrier Paragon Marketing Solution au sein de Paragon Transaction Rue des Rivières-Saint-Agnan, « n’est pas vraiment un événement », rassure Denis Avallone, qui précise « qu’il n’y aura pas de licenciements économiques ». Mais c’est un événement quand même.

En décembre 2013, lors du rachat de l’imprimerie cosnoise RR Donnelley par l’imprimerie Paragon, le plan de reprise annonçait neuf licenciements dans les dix-huit mois. Mieux que le candidat repreneur précédent qui prévoyait 45 licenciements sur 116 emplois. Les salariés s’étaient ainsi partagés entre les deux sites de Cosne. PMS compte soixante personnes. Et Paragon Transaction, 200. « Paragon bénéficie de clients qui continuent d’utiliser le papier, mais de moins en moins », convient le directeur. « La diversification fait qu’on reste l’une des dernières plus grosses imprimeries, de France (*). RR Donnelley, elle, a perdu des millions d’exemplaires. » Une baisse d’activité, donc, et des machines qui ne tournent pas à plein. « On peut diviser par trois le chiffre d’affaires entre les belles années de RR Donnelley et aujourd’hui », déplore le directeur.

La belle imprimerie neuve va être mise en vente

Et la baisse du chiffre d’affaires n’implique pas la baisse des frais fixes. D’où « l’absorption de PMS et le rapatriement des salariés à Paragon Transaction. Juridiquement, les deux entités ne feront plus qu’une. Nous n’avons pas besoin d’une société supplémentaire et de son coût. Cette belle imprimerie toute neuve va être mise en vente ».

Et pour accueillir machines et salariés, Paragon Transaction a besoin de locaux. De la place est également faite sur le site. « Ils ont demandé si la Ville disposait de locaux, par le biais de l’Agence de développement », confie le maire Michel Veneau.

Ce dernier ne cache pas son inquiétude, face à la crise de l’imprimerie en général, mais compte sur le savoir-faire de Paragon pour tenir encore longtemps.

(*) Paragon Group a racheté au cours de ces dernières années, l’imprimerie d’Haussy (Nord) et l’imprimerie Gresset (Jura). Et le groupe Rault en avril (Indre).

 

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1 Commentaires pour cet article

  1. Milliat :

    Je me permets d’exprimer en partie en désaccord avec l’affirmation suivante : « Car il se passe la même chose avec le marketing commercial. Les grosses entreprises de consommation diffusent leurs produits marketing par mail. Gain de temps et d’argent et d’efficacité. Les consommateurs sont eux-mêmes demandeurs de ce procédé. » Nous remarquons justement le contraire, oui une baisse des volumes mais pas une baisse des opérations voir une augmentation, favorisée par le multi-canal que tout le monde plébiscite ! L’e-mailing n’est pas un gage d’efficacité auprès des usagers, les études montrent un très faible taux d’ouverture voir un taux moyen de délivrance réel…

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