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Le Goncourt et le Renaudot, une manne pour les maisons d’édition

Mise en ligne le 12 novembre 2017

Lire : Les Echos du 6 novembre

 

Attribués à Eric Vuillard pour « L’Ordre du jour » (Actes Sud) et à Olivier Guez pour « La Disparition de Joseph Mengele » (Grasset), le Goncourt et le Renaudot ouvrent le bal des grands prix littéraires, assortis traditionnellement de fortes ventes.

 

Amorcée depuis la rentrée, la « cash machine » des prix littéraires a connu son acmé lundi avec l’attribution simultanée du Goncourt et du Renaudot. Signe de l’anxiété face à la montée des extrêmes ? Ce sont deux romans hantés par la violence et la déliquescence des années noires du nazisme qui remportent les deux récompenses littéraires les plus convoitées.

 

Avec « L’Ordre du jour », récit méticuleux de la montée au pouvoir des nazis publié chez Actes Sud, Eric Vuillard est couronné du prix Goncourt

 

Le prix Renaudot, lui, a été décerné à « La Disparition de Joseph Mengele » d’Olivier Guez, paru chez Grasset : une enquête quasi entomologique de la vie et de la cavale de l’ex-tortionnaire d’Auschwitz.

 

Ces prix représentent aussi une véritable manne. Certes, le Goncourt n’est doté que d’un modeste chèque de 10 euros. Mais sitôt enlacé d’un bandeau rouge, ce Graal littéraire enflamme les ventes… Couronné en 2016, « Une Chanson douce » de Leïla Slimani a réalisé un carton avec 499.000 exemplaires. Alors qu’entre 2012 et 2016, le Goncourt s’était soldé par des ventes avoisinant 398.000 exemplaires… contre 443.100 ventes au Goncourt des Lycéens, la plus importante des récompenses en termes de vente.

 

Quant aux autres prix littéraires, ils continuent d’être l’assurance de ventes confortables. Qu’il s’agisse du prix de l’Académie française (avec 246.700 exemplaires vendus en moyenne), du Femina (83.000), de l’Interallié (65.500) ou encore du Médicis (41.200).

 

L’Institut GfK constate qu’un prix littéraire génère entre 40.000 et plus de 440.000 ventes additionnelles et « constitue une véritable caution au moment d’effectuer les cadeaux de fin d’année, souligne Anne Filliot, consultante senior panel livre de GfK. Décembre représente 34 % des ventes d’exemplaires primés en 2016. » On comprend mieux la dureté des batailles entre éditeurs pour conquérir le fameux bandeau rouge… et l’âpreté des jalousies.

 

Polémique

 

Ceci explique-t-il cela ? Dès son annonce lundi, l’attribution du Goncourt à Actes Sud, maison d’édition dirigée par Françoise Nyssen jusqu’à sa nomination au ministère de la Culture, a créé un début de polémique, sur fond de conflit d’intérêts « involontaire », selon le mot d’un éditeur.

 

Au ministère de la Culture, on rappelle que Françoise Nyssen a démissionné de toutes ses fonctions chez Actes Sud immédiatement après sa nomination et ne possède plus aucun intérêt dans la maison d’édition. Tandis que Pierre Assouline, membre de l’Académie Goncourt, s’agace : « C’est typiquement un faux problème. On ne va pas pénaliser un auteur parce que son ancienne éditrice a changé de métier. Depuis que Bernard Pivot est entré puis préside l’Académie Goncourt, jamais le Prix n’a été aussi indépendant. Ce qui n’a peut-être pas été le cas pendant cent dix ans. Nous n’évoquons jamais l’éditeur lorsque nous débattons. C’est même tellement peu un sujet que Françoise Nyssen est venue féliciter Eric Vuillard au milieu du repas chez Drouant. »

 

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