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Patrick Drahi, le président d’Altice, fait son mea culpa

Mise en ligne le 18 novembre 2017

Lire Le Figaro du 16/11/17 page 27

Extrait

Face à la débâcle boursière, le fondateur a promis de réduire la dette et de s’occuper de ses clients.

Retour aux fondamentaux. Après avoir privilégié la croissance externe tous azimuts, Patrick Drahi, le patron d’Altice, veut concentrer les efforts de son groupe. Il a détaillé ses priorités stratégiques mercredi à Barcelone, lors d’une conférence analystes organisée par Morgan Stanley.

Une fois n’est pas coutume, Patrick Drahi a avoué des erreurs commises avec les clients de SFR, à commencer par une «mauvaise gestion des hausses de prix passées cet été et de la commercialisation des contenus». Pire, il a estimé avoir «vendu trop cher les contenus sportifs à ceux qui n’en voulaient pas, et pas assez cher à ceux qui en voulaient.» L’erreur aurait notamment été d’imposer des contenus sportifs à 100 % des abonnés pour un euro de plus par mois, alors que potentiellement, seul un quart serait intéressé. Cela a entraîné de nombreuses défections, alors que le groupe tente, au contraire, de regagner les clients perdus depuis 2014 et le rachat de SFR. Il a insisté sur le fait que les «petits problèmes des abonnés ne sont pas assez pris en compte», alors que le réseau «est performant». Le service client de SFR fait régulièrement l’objet de critiques. Patrick Drahi semble (enfin) prendre conscience des faiblesses marketing de son opérateur.

Les effectifs seront ramenés à 10.000 salariés d’ici à la fin de l’année, au lieu de 15.000 un an plus tôt

Soucieux de donner des garantis aux marchés financiers, le fondateur d’Altice a pris des risques en garantissant «des changements et des améliorations des indicateurs de performance de l’entreprise dans les prochaines semaines». Mais il n’a pas précisé quelle serait la potion miracle pour faire revenir les clients rapidement, alors que le groupe est encore en pleine restructuration. Les effectifs seront ramenés à 10.000 salariés d’ici à la fin de l’année, au lieu de 15.000 un an plus tôt. Jamais avare de petites phrases, il a critiqué les lourdeurs du droit social en France et les inconvénients d’un plan de départs volontaires: il n’est pas possible de choisir qui quitte l’entreprise.

«Mes plans n’ont pas changé, mais leur réalisation est simplement décalée d’un an», a-t-il ajouté. Dennis Okhuijsen, le directeur financier d’Altice, était sur la même longueur d’onde que son président, tournant une page dans l’histoire du groupe. Il n’est plus question de fusions-acquisitions, mais de désendettement.

Cessions d’actifs

Première priorité: il faut alléger la dette du groupe et de ses filiales américaines et française qui s’élève à 51 milliards d’euros. Dennis Okhuijsen a réitéré les objectifs de réduction de la dette, estimant que les États-Unis étaient sur la bonne tendance, contrairement à la France. Pour la première fois des cessions d’actifs sont évoquées. Dennis Okhuijsen a évoqué les tours sur lesquelles sont installées les antennes de l’opérateur (Bouygues Telecom avait réalisé une opération similaire quand il était au plus mal) et «d’autres actifs». Des rumeurs font état d’un désengagement de SFR des services aux entreprises.

D’éventuelles cessions marqueraient une vraie rupture, alors que Patrick Drahi «n’aime pas vendre». Comme il n’y a pas de petites économies, l’opération de «rebranding» de SFR, qui devait prendre le nom d’Altice en 2018, est repoussée. Le groupe s’épargne ainsi «quelques centaines de millions d’euros de dépenses non essentielles» l’année prochaine.

D’éventuelles cessions marqueraient une vraie rupture, alors que Patrick Drahi «n’aime pas vendre»

Il devrait aussi lever le pied dans l’acquisition de nouveaux contenus. Une modération rendue d’autant plus nécessaire que le changement de législation sur la TVA liée à la distribution de la presse par les opérateurs va coûter «200 millions d’euros à SFR» l’année prochaine et non pas 400 comme précédemment évoqué.

En revanche, pas question pour Altice de lever le pied dans les réseaux. Il va continuer d’investir dans la fibre et la 4G en France. Il en a profité pour clarifier le nouvel organigramme du groupe en France. «Son associé de 20 ans» Armando Peireira est en charge des télécoms, 95 % des revenus du groupe. Alain Weill s’occupe des médias, avec notamment pour mission de développer les services de télévision payante. Il assurera les relations avec les institutionnels, les grandes entreprises françaises et les politiques. Patrick Drahi a expliqué à plusieurs reprises qu’il y «avait eu des problèmes de management chez SFR», alors que la semaine dernière Michel Combes a démissionné d’Altice.

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