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Roku, la mue du pionnier du streaming vidéo

Mise en ligne le 18 novembre 2017

Lire Le Figaro du 15/11/17 page 30

Extrait

La Bourse s’enflamme pour ce fabricant de boîtiers qui parie désormais sur la publicité.

Encore méconnu en France, où il est présent depuis 2015, Roku s’est fait un nom au milieu de concurrents aussi puissants dans le monde de la télévision en streaming qu’Apple, Amazon ou Google. Son créneau? Permettre au consommateur de regarder facilement un large éventail de contenus Internet sur un téléviseur. En 2008, son fondateur, Anthony Woods, fait figure de pionnier dans le domaine en lançant un premier boîtier équipé d’un système d’exploitation spécifique, Roku OS, qui permet très simplement de regarder des vidéos ou d’écouter de la musique venues d’Internet sur un poste de télévision. Depuis, la convergence Internet-télévision s’est accentuée et la concurrence a fleuri: Google avec Chromecast, l’AppleTV ou les box des opérateurs (qui n’existent pas aux États-Unis). Roku reste cependant la box indépendante la plus vendue outre-Atlantique, avec environ 37 % des parts de marché selon une étude de Park Associates. Roku travaille en parallèle avec des équipementiers à intégrer son système d’exploitation dans un maximum de téléviseurs connectés. Dernier exemple en date: le groupe a annoncé hier que sa technologie serait installée dès cette année sur les téléviseurs Philips vendus aux États-Unis.

Roku propose un catalogue de centaines de milliers de films et séries gratuits, monétisés par des spots de publicité

Surtout, Roku a compris que l’avenir de son activité – et de ses marges – n’est pas tant dans ses appareils que dans les revenus qu’elle peut tirer de la plateforme de chaînes de contenus qu’elle agrège via des partenariats. Roku y réunit aussi bien les programmes payants de Netflix (le premier à l’avoir accompagné en 2008), de HBO ou de Hulu, que des locations de vidéos sur Google Play, de la musique de Spotify ou de Deezer, du sport ou un catalogue de centaines de milliers de films et séries gratuits, monétisés par des spots de publicité.

Revenus publicitaires

Pour augmenter son nombre d’utilisateurs actifs (il en compte aujourd’hui de 16,7 millions, en hausse de 48 % en un an), le groupe a baissé le prix de ses appareils (avec un premier produit à 30 dollars) et développé les accords de licence pour équiper davantage de téléviseurs connectés. Parallèlement, il multiplie les accords de distribution avec les éditeurs pour continuer d’enrichir l’offre de sa plateforme.

La nouvelle stratégie commence à porter ses fruits. Les deux tiers de sa croissance proviennent de ses revenus publicitaires, d’après ses derniers résultats trimestriels – les premiers publiés depuis son introduction en Bourse au Nasdaq, le 28 septembre. Sur les 124,8 millions de dollars de revenus, 57,5 millions viennent de la publicité et des commissions sur les revenus générés par ses partenaires. Un chiffre en hausse de 137 % sur un an.

Ce changement de modèle économique plaît aux marchés. Introduite à 14 dollars, l’action en valait hier plus de 46 à l’ouverture. Reste un défi de taille pour le groupe: prouver qu’il peut être rentable.

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