L’édition et l’environnement : “70 % des romans sont imprimés en France”

Mise en ligne le 26 décembre 2017

Lire Actualitté du 18/12/17

Extrait

En septembre, le Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne (BASIC), un think tank qui évalue les impacts sociaux, sanitaires et environnementaux des secteurs économiques, publiait une étude très critique sur l’édition et son usage des ressources. Pascal Lenoir, président de la commission Environnement et Fabrication du Syndicat national de l’édition, chargé de la fabrication chez Gallimard, revient sur les conclusions de cette étude et, plus généralement, sur la problématique « compliquée » de la fabrication au sein de l’édition française.

 

ActuaLitté : Qu’avez-vous pensé de l’étude présentée par le BASIC en septembre dernier, qui établissait le coût pour la société de l’édition française ?

Pascal Lenoir : Le problème majeur de l’étude est d’ordre méthodologique. Elle a notamment été réalisée sans consultation de la filière et de la profession. Une étude sérieuse suppose de consulter, d’interroger, de recueillir des informations et de les confronter pour parvenir à une conclusion objective. Ce qui n’est pas le cas. Et les conclusions présentées sont fausses. Ces dernières ont été, hélas, reprises par les médias [y compris ActuaLitté, NdR] sans vérification ni échange ou concertation avec les acteurs de la profession.

Cette étude est pourtant sourcée, et des éditeurs ont été consultés, selon le BASIC. Que vous inspirent ces sources ?

Pascal Lenoir : Si les sources ne sont pas cohérentes, comment en tirer une analyse sérieuse ? Mélanger des chiffres des années 1960, des années 1980 et des années 2000 ne rime à rien. Sur la problématique du papier, par exemple, évoquer une échelle mondiale et l’appliquer uniquement au livre, qui utilise principalement des papiers spécifiques, par exemple les papiers que nous appelons bouffant au sein de la profession, ne peut pas être exact.

Dans cette étude, on explique que 48 % du papier est fabriqué en France pour l’édition de livres, romans et poches. Je pourrais ne pas relever cette inexactitude. Pourtant, quitte à tendre une perche à nos détracteurs, et par souci de vérité, la réalité est que 5 % à peine du papier utilisé pour les romans et poche par les éditeurs français, est fabriqué en France. En revanche 90 % de la pâte utilisée provient d’Europe.
En bref, ce rapport est fait d’éléments compilés, qui mis bout à bout, aboutissent à des conclusions erronées.

Seuls 5 % du papier bouffant utilisé par l’édition française est donc fabriqué en France ?

Pascal Lenoir : En effet, on peut le regretter, mais c’est une réalité. Comme je vous l’expliquais, le roman et le poche nécessitent une impression sur du papier, dit bouffant. Or, qui aujourd’hui en France est en capacité de produire du papier bouffant ? À ma connaissance, seuls deux ou trois papetiers en France. Ce sont de petites usines, qui n’en produisent que de faibles quantités. C’est une réalité industrielle.

L’examen de l’édition, de ses pratiques et de son empreinte écologique par le BASIC vous paraît-elle justifié ?

Pascal Lenoir : Le BASIC évoque des pratiques mondiales. Or, il me semble important de rappeler que le poids de l’édition française dans la consommation totale de papier en France n’est que de 5 à 7 % maximum, selon l’étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). Et si l’on reprend l’analyse du BASIC qui porte sur le roman et le poche, ce poids est encore plus minime. Pourquoi le BASIC stigmatise-t-il la production éditoriale ? Quels intérêts sert-il ? Pourquoi ne pas étudier les 95 % qui pèsent tellement plus en termes d’empreinte écologique ?

L’étude du BASIC et certains observateurs du monde de l’édition affirment qu’une certaine logique productiviste est à l’œuvre dans l’édition, avec un important volume de livres mis au pilon. Cette analyse est-elle pertinente ?

 

Pascal Lenoir : Les chiffres avancés par le BASIC sont aberrants. Pensez-vous vraiment que les éditeurs décideraient de produire 100 pour jeter 80 ? Même en termes de pure rentabilité économique, c’est un non-sens.

Pensez-vous vraiment, pour un éditeur, que vendre 20 pour jeter 80 serait plus rentable que de produire moins ? Par ailleurs, comment, en imprimant 100 pour vendre 20, cela pourrait-il être viable pour l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre ?

 

L’édition déraisonnable : “Aujourd’hui, on édite des livres
pour les détruire”

Que deviennent ces ouvrages invendus ?

Pascal Lenoir : Sur l’édition en général, il y a 25 % de taux de retour, au global. Ce que deviennent ces ouvrages varie en fonction du diagnostic effectué par les chaînes de tri pour réintégration ou pilon. Les livres non abimés sont réintégrés dans nos stocks et remis sur le marché en fonction des commandes libraires. Ce qui permet aux éditeurs d’éviter des réimpressions. Cela concerne tous les types d’ouvrage : les livres de littérature, les beaux-livres, les livres pour enfants, etc.
Il y a ensuite les livres qui sont abimés, notamment du fait des manipulations en librairie. Ceux-là vont au pilon. Les livres au faible coût facial, qu’il coûterait trop cher de réintégrer dans le stock, partent aussi au pilon, ainsi que les livres millésimés qui par nature ont une durée de vie très courte.
Techniquement, les ouvrages pilonnés sont broyés pour faire des balles, qui sont envoyées ensuite au recycleur.
Il faut comprendre que sur un plan purement économique, pour des ouvrages chers à produire si l’on compare le coût du tri et de la réintégration à celui de la réimpression, il est plus intéressant pour un éditeur de réintégrer un ouvrage dans le circuit de diffusion que de l’envoyer au pilon.

Que deviennent les livres pilonnés ?

Pascal Lenoir : 100 % des pilons vont au recyclage. Pour information, une fibre vierge peut être recyclée 5 à 7 fois.

Ensuite, quelle nouvelle vie pour ce papier recyclé ? Beaucoup d’usages sont possibles : papier recyclé, carton, journaux..

 

Pourquoi est-il impossible d’utiliser autre chose que la fibre vierge ?

Pascal Lenoir : Il n’est pas impossible d’utiliser du papier recyclé. L’édition en utilise lorsque c’est possible. Mais pour deux raisons principales, il est peu utilisé : d’une part les qualités de papier recyclé ne correspondent pas aux papiers utilisés (exemple il n’existe pas de bouffant en recyclé) ou le papier n’est pas de qualité suffisante (exemple pour les manuels scolaires). Il faut comprendre que la fibre, une fois traitée mécaniquement et chimiquement pour le désencrage, donne un papier de qualité moindre. D’autre part, il n’y a pas assez de ressource.

 

En France, le recyclage pose-t-il problème ?

Pascal Lenoir : Pour les éditeurs, le problème principal est celui de la disponibilité de la ressource. Pourquoi ne produit-on pas en France davantage de papier recyclé ? Le problème n’est pas industriel. Il est politique, à l’échelle locale et nationale. Il faut lire sur ce sujet le rapport Bardy : nous n’avons pas de politique claire sur le recyclage des vieux papiers.

 

Quelles sont les informations fournies à l’éditeur au moment de l’achat du papier ?

Pascal Lenoir : Les éditeurs, très majoritairement, achètent du papier certifié ou recyclé 90 % selon notre dernière enquête. Cette certification, à laquelle les éditeurs sont très attachés, oblige les forestiers à replanter plus d’arbres qu’ils n’en coupent et à entretenir de façon durable la forêt.
Le papier est fabriqué principalement à partir de coupes d’éclaircies, c’est-à-dire les petits arbres, les branches, voire les copeaux de bois. Indirectement, la production de papier participe au nettoyage de la forêt. C’est en partie grâce à des pratiques de certification que le taux de croissance de la forêt européenne est positif.

Par ailleurs, nous avons une chance énorme pour le livre : le bois dont est issu le papier est une ressource naturelle, locale, qui peut être renouvelée rapidement et recyclée. Contrairement aux composants d’autres industries comme la téléphonie ou l’informatique, qui font appel à des ressources non renouvelables.

Concrètement, pour les romans Gallimard, il est impossible de savoir d’où vient la pâte à papier ?

Pascal Lenoir : Difficile de répondre globalement à votre question. Si vous me posez la question aujourd’hui ou si vous me la posez demain, ma réponse sera différente, car les approvisionnements de pâte des papetiers diffèrent selon la période de commande. Pour ce qui est du bouffant par exemple la pâte provient à 90 % d’Europe et 70 % des forêts scandinaves.

Les certifications et labels sont-ils une garantie suffisante ?

Pascal Lenoir : Apportons d’abord une précision : un label repose sur du déclaratif. Une certification suppose un contrôle par des bureaux certifiés et agréés. Je voudrais rappeler que les éditeurs achètent majoritairement du papier certifié (90 %). Ils travaillent avec les papetiers, les forestiers, des ONG telles que WWF, des organismes de certification tels que FSC ou PEFC.
Rappelons également que les éditeurs utilisent Imprim’Vert, grâce à l’Uniic, l’Union nationale des industries de l’impression et de la communication, qui est à l’initiative de la création de cette certification française, dont le BASIC ne parle pas dans son étude. Imprim’Vert interdit l’utilisation de produits toxiques et organise le stockage des produits dangereux : ce label réunit aujourd’hui plus de 2200 imprimeurs en France et en Europe. Ce fut un travail de longue haleine qui s’est construit dans la durée depuis 1998.
D’autres labels et certifications sont laissés de côté par le Basic, comme ISO 1401 ou Éco Label…

L’application des certifications a-t-elle évolué ?

Pascal Lenoir : Editis, en tant qu’entreprise, est certifiée FSC, ce qui n’est pas plus mentionné dans l’étude. Pour une petite maison d’édition, il est beaucoup plus difficile d’obtenir cette certification : c’est toute une organisation administrative à mettre en place pour répondre aux audits et autres formalités exigées. De plus, FSC réclamait au départ une cotisation basée sur le chiffre d’affaires de la maison d’édition, et non sur sa consommation de papier FSC.
C’est pourquoi le SNE a travaillé avec FSC pour rendre cette norme plus facilement applicable dans l’édition, de livres comme de magazines. Aujourd’hui, si le papier est FSC et que la chaîne de certification est complète jusqu’à l’imprimeur, alors le livre peut être certifié FSC. Au même titre que PEFC.
Pour mémoire, un papier certifié provient de forêts durablement gérées. Ce qui veut dire du reboisement, des coupes définies préalablement, et une traçabilité.

La norme PEFC est toutefois assez contestée par les ONG…

Pascal Lenoir : Oui, PEFC est contestée par WWF et Greenpeace qui soutiennent FSC et en sont à l’origine. Le SNE ne rentre pas dans ces débats et recommande à ses adhérents d’utiliser du papier certifié PEFC ou FSC. Pour les livres imprimés en Europe, le SNE recommande plutôt l’usage de papiers issus de bois européens —  qui nécessitent moins de transport — certifiés PEFC ou FSC. Les papiers FSC sont susceptibles d’être plus porteurs de carbone que PEFC, car cette dernière certification est plutôt utilisée pour les bois non européens. Ces papiers sont donc susceptibles d’avoir effectué un plus long trajet que les papiers PEFC.
Pour les livres imprimés en dehors de l’Union européenne, la certification FSC est conseillée. Mais je rappelle que l’édition française ne pèse que 5 % de la consommation totale du papier en France.

Certes, l’édition ne pèse que 5 % de la consommation de papier, mais Greenpeace a tout de même fait appel à des éditeurs pour faire plier Résolu dans le conflit qui les opposait.

Pascal Lenoir : En France, nous n’achetons pas de papier à Résolu. C’est un problème qui concerne le territoire américain et canadien. Et des procédures judiciaires sont en cours [celle aux États-Unis s’est terminée par le rejet des demandes de Résolu, NdR]

Un éditeur dispose-t-il d’information sur l’origine du bois utilisé pour son papier ?

Pascal Lenoir : L’éditeur n’a pas vocation à être en lien direct avec les forestiers. Il est en relation avec le papetier qui met à sa disposition le paper profile, la carte d’identité de l’usine ou du papier. Cette carte d’identité est mise à jour tous les ans par les papetiers.
Le traçage de l’origine du papier est un sujet complexe. Pourquoi ? Parce que la production, à un instant T, est liée à des approvisionnements distincts et donc des mélanges (fibres longues, fibres courtes…) de lots de bois de différentes origines. C’est un peu comme si l’on voulait vérifier d’où provient le coton d’un jean en termes de nature de coton et provenance.

À chaque papier correspond un usage spécifique. Selon les cas, le besoin de résistance du papier suppose l’utilisation de telle fibre plutôt qu’une autre. Un exemple, l’eucalyptus, est très peu utilisé dans les papiers bouffants bois et sans bois. Car c’est une fibre courte.

D’où viennent les fibres longues ?

Pascal Lenoir : Les fibres longues proviennent principalement du cèdre et des épicéas européens. Elles sont privilégiées pour la production les papiers bouffants qu’utilisent les éditeurs pour leurs ouvrages de littérature générale et de poche.

Qu’en est-il du reboisement ? Comment s’organise-t-il ?

Pascal Lenoir : Cela va dépendre des forêts : en Finlande, cela va plutôt être du bouleau ou du sapin, la forêt des Landes plutôt du sapin, au Portugal, plutôt de l’eucalyptus sur certains parcelles…Pour en savoir plus, il est possible de regarder sur le site UPM Forest, qui explique la gestion forestière.

Quel est le volume de livres imprimés en France ?

Pascal Lenoir : 70 % des livres sont imprimés en France, pour les romans, d’après l’étude de la DGE et de l’UNIIC.

Pour ce qui concerne les romans et le poche, les éditeurs de littérature générale, et Gallimard en fait partie, impriment leurs livres en France, dès que cela est possible. Lorsqu’une maison d’édition imprime un Goncourt par exemple, il faut être en capacité de fournir un grand nombre d’exemplaires très vite : On privilégie alors la proximité.

En revanche, pour les ouvrages qui nécessitent de l’électronique ou des pop-up, notamment les livres pour enfants, on ne trouve ni en France ni en Europe la main-d’œuvre suffisante pour assurer les volumes. Par conséquent, nous faisons fabriquer les ouvrages en Asie, en Chine notamment, où se trouvent à la fois le papier, les composants électroniques, les compétences humaines, à des prix compétitifs. La consommation de papier fabriqué en Asie représente 0,5 % de la consommation globale du papier en France.

 

En 2016, 93 % du papier utilisé par les éditeurs
était certifié ou recyclé

Estimez-vous que l’industrie française de l’impression n’a pas été soutenue ?

Pascal Lenoir : Si aujourd’hui nous pouvons imprimer 70 % de nos romans et poches en France, c’est grâce aux imprimeurs dont l’outil, le service, et le prix s’adaptent à nos besoins.

 

Pour des livres reliés, nous imprimons souvent à l’étranger, mais surtout pour des raisons de disponibilité de main-d’œuvre, d’outils et de chaîne industrielle. La France n’a pas porté son industrie pendant des années, car cette dernière n’était pas considérée comme une priorité.

Ce sont des problématiques industrielles dont les pouvoirs publics doivent s’emparer.

À notre petite échelle, nous travaillons avec nos confrères imprimeurs sur des projets communs pour faire progresser la filière. Avec l’Uniic, la DGE, les imprimeurs, mais aussi les papetiers, les photocompositeurs, les photograveurs… le SNE a créé Clic.Edit, par exemple, pour faciliter les échanges de données informatisées entre tous les acteurs de la fabrication du livre.

Quelles solutions se présentent pour pallier ces carences de l’industrie ?

Pascal Lenoir : Les éditeurs travaillent en permanence avec les imprimeurs pour améliorer les outils, les process, la formation des salariés, pour que les bons investissements soient faits. Mais ce n’est pas l’édition qui va pouvoir pallier les carences de l’industrie française.

Quel est votre avis sur l’impression numérique ?

Pascal Lenoir : L’impression numérique est très utile pour des petits tirages. Mais il est aussi utile de savoir que l’impression numérique à jet d’encre ne permet pas de désencrer correctement le papier, ce qui nuit à la qualité de la pâte ensuite.
L’étude du BASIC fait la promotion des encres végétales. Mais celles-ci ne peuvent être utilisées que sur certaines machines et pas sur toutes les technologies. C’est un problème de chimie.

Les usages des livres ont-ils une incidence sur leur fabrication ?

Pascal Lenoir : Les éditeurs ont une démarche d’écoconception, car ils font des choix techniques induits par la durée de vie estimée de l’ouvrage. Prenons un livre scolaire : avec un façonnage qui n’est pas le bon, il devra être renouvelé tous les ans. Avec du pelliculage, du carton, ce genre d’ouvrage peut sembler coûteux sur le plan environnemental. En réalité sur le long terme, il ne l’est moins, car sa durée de vie est plus longue.

La problématique livre est compliquée, on ne peut pas appliquer un process unique sur l’ensemble de la production éditoriale. Publier un ouvrage de bande dessinée et un livre pour enfants, un grand format ou un dictionnaire, ne fait pas appel aux mêmes contraintes techniques.

Votre question me permet d’introduire une autre idée, fondamentale dans le domaine de l’édition : la notion de temps long. Le livre a une durée de vie longue : le livre s’achète, se transmet, on le revend d’occasion. Il ne se jette pas. Et si d’aventure, il est trop usé pour être encore lu et qu’il doit être jeté, il y a la poubelle pour cela. Pourquoi certains voudraient-ils considérer le livre comme un déchet ménager alors que les gens ne le jettent pas ?

C’est un vieux débat : ÉcoFolio considérait au contraire que le livre devait être considéré comme un déchet ménager, et donc que l’édition devait assumer ses responsabilités vis-à-vis de la prise en charge du recyclage.

Pascal Lenoir : L’édition est soumise à la responsabilité élargie du producteur (REP), et elle paie à ÉcoFolio donc l’écocontribution pour ses documents commerciaux et publicitaires, mais pas pour le livre. Le livre n’est pas considéré comme un déchet par la loi. Nous sommes assujettis aux normes jouets pour certains livres pour enfants : nous faisons les tests nécessaires. Et là encore nous nous conformons à la législation. Pour le livre scolaire, la loi demande qu’ils soient certifiés ou recyclés : ils le sont tous. Mais à partir du moment où la loi et l’usage indiquent que le livre n’est pas un déchet et que c’est l’usage, je ne vois pas pourquoi nous irions au-delà.

Que pensez-vous des solutions proposées par le BASIC à la fin de son étude ?

Pascal Lenoir : Nous appliquons déjà ces solutions depuis longtemps. Le groupe Hachette va même jusqu’à publier le bilan carbone de chacun de ses livres. Peu, y compris parmi les médias, peuvent se prévaloir d’en faire autant.

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