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Mark Zuckerberg, rédacteur en chef de la planète média

Mise en ligne le 11 février 2018

Lire Le Figaro du 5/2/18 page 32

Extrait

Bonus de visibilité, notes … Les résolutions annoncées par le PDG sont dignes d’un directeur éditorial qui annoncerait la réorientation de son média.

Facebook ne perd jamais une occasion de le répéter: le géant de la Silicon Valley est «une entreprise de technologie, et non un média». Mais, en début d’année, il a fait l’éclatante démonstration inverse. Trois déclarations, postées chacune à une semaine d’intervalle sur le compte personnel du PDG, Mark Zuckerberg, ont fait trembler le monde médiatique. Première décision: le fil d’actualité va privilégier les publications des proches. Puis: les médias les mieux notés par les internautes seront les mieux mis en avant. Enfin, un bonus de visibilité sera accordé à la presse locale. Des résolutions dignes d’un directeur éditorial qui annoncerait la réorientation de son média. Mais Facebook refuse d’endosser officiellement ce rôle d’éditeur, qui l’obligerait à engager sa responsabilité pour chacun des contenus publiés sur sa plateforme.

Au fil des années, le piège s’est refermé sur l’industrie : elle est devenue fournisseuse de contenus… alors que sa visibilité ne cesse de décroître

Cela fait déjà plusieurs années que Facebook influe la vie des médias en ligne. La création d’un algorithme pour organiser le fil d’actualité de chaque utilisateur en a été le point de départ. Fini, l’égalité de traitement entre les publications, jusque-là rangées par ordre antéchronologique. Depuis, toute modification de ces précieuses lignes de code entraîne d’intenses réflexions dans les rédactions: que faire pour en profiter au mieux? Ces deux dernières années ont ainsi vu l’explosion des vidéos natives sur Facebook, pour la simple raison que l’algorithme du réseau social les favorise. Les éditeurs, même ceux très éloignés du monde de l’image, se sont engouffrés dans la brèche. D’autres médias 100 % sociaux, comme NowThis aux États-Unis ou Brut en France, doivent leur existence au fil Facebook. Cette masse de vidéos, créées avec plus ou moins de talent, a fini par submerger les fils d’actualité des internautes sans qu’une question essentielle n’ait été toujours posée: «Notre audience a-t-elle vraiment envie de s’informer de cette façon?» Qu’importe. Il est devenu nécessaire de satisfaire le rédacteur en chef Mark Zuckerberg pour que celui-ci offre en retour une large exposition sur sa plateforme aux deux milliards d’utilisateurs. Si demain Facebook voulait faire de l’audio sa priorité, il est à parier que la création de podcasts exploserait.

Dépendance

Cette situation illustre l’état de dépendance des médias face à Facebook…

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