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Au Québec, La Presse compte désormais sur la philanthropie

Mise en ligne le 13 mai 2018

Lire Le Figaro du11/5/18 page 22

Extrait

Le quotidien avait abandonné le papier. Mais les revenus publicitaires digitaux ne sont pas à la hauteur.

Le quotidien qui avait osé abandonner le papier doit aujourd’hui revoir son équation économique. Le 8 mai, la direction du journal québécois La Presse, l’un des principaux médias de la province canadienne, a annoncé à ses équipes le retrait de son actionnaire, la famille Desmarais (Power Corporation). D’ici à quelques mois, le quotidien appartiendra à un «organisme sans but lucratif» (OSBL), la version canadienne de l’association loi 1901, et sollicitera des aides de l’État et des dons de philanthropes. «Qu’un journal naguère aussi rentable queLa Presse devienne un organisme qui cherche des dons de fondations est évidemment un énorme choc», note l’éditorialiste du quotidien, Yves Boisvert.

Fondé en 1884, La Presse a lutté de façon originale contre la crise qui a frappé les médias écrits au début des années 2000. Plutôt que de gérer le déclin, la famille Desmarais, propriétaire depuis 1967, a fait le pari du numérique. Elle a investi 40 millions de dollars canadiens (25 millions d’euros) en 2013 pour créer l’application pour tablette La Presse +. Entièrement gratuite, elle permet de consulter les articles du quotidien dans un format innovant. Avec 260.000 lecteurs quotidiens, le succès d’audience est tel que La Presse stoppe ses éditions papier de la semaine en janvier 2016. En début d’année, l’édition papier du week-end a été abandonnée.

«Maintenir une offre d’information de qualité accessible à tous est un enjeu de société.»

Pierre-Elliott Levasseur, président de La Presse

La Presse a parié sur le développement de la publicité digitale. Mais c’était sans compter le duopole Facebook et Google qui, au Canada comme ailleurs, dévore plus de 80 % des revenus publicitaires sur Internet. Cinq mois après l’arrêt total du papier, la situation économique du journal est devenue préoccupante. Mais hors de question de développer une offre numérique payante, comme les autres grands quotidiens mondiaux. «Maintenir une offre d’information de qualité accessible à tous est un enjeu de société», plaide son président, Pierre-Elliott Levasseur.

La direction du journal, qui n’a jamais diffusé de bilan financier, est en discussion depuis plusieurs mois avec Québec et Ottawa pour solliciter des aides…

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