Le groupe Lagardère se recentre sur l’édition et les boutiques d’aéroports

Mise en ligne le 07 mai 2018

Lire Le Figaro du 4/5/18 page 24

Extrait

Le produit des cessions des actifs médias sera intégralement réinvesti dans ces secteurs.

Pour une fois, le fonds activiste Amber et Arnaud Lagardère sont tombés d’accord. Amber, actionnaire minoritaire remuant, a salué la stratégie dévoilée par Arnaud Lagardère de recentrer le groupe qu’il préside sur deux piliers uniquement: l’édition avec Hachette Livre et les boutiques d’aéroport Lagardère Travel Retail. Ces deux actifs ont apporté 81 % du chiffre d’affaires et 77 % du résultat opérationnel du groupe en 2017. Ce sont les deux seules branches dans lesquelles le groupe Lagardère peut défendre une position parmi les leaders mondiaux de ces spécialités.

«Il n’y aura pas de versement de dividende exceptionnel»

Arnaud Lagardère

Amber affirme dans un communiqué qu’il réclamait ce virage stratégique depuis un an. Arnaud Lagardère lui répond que son groupe n’a jamais agi sous la pression d’investisseurs mais au mieux des intérêts du groupe. Deuxième sujet de convergence avec le fonds activiste: le produit de la vente des actifs médias sera intégralement réinvesti dans le groupe. «Il n’y aura pas de versement de dividende exceptionnel», a assuré Arnaud Lagardère. Le patron du groupe répond ainsi à une critique formulée par un petit actionnaire lors de l’assemblée générale. Ce dernier reprochait au patron de Lagardère de vendre des actifs du groupe afin de verser un dividende pour réduire son endettement personnel.

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Arnaud Lagardère a répondu à cet actionnaire. Il a rappelé «qu’il avait effectivement contracté un emprunt» pour acheter des titres Lagardère en 2006 et 2007. «Mais en aucun cas, la distribution des deux dividendes exceptionnels suite à la vente des titres d’EADS et de Canal + n’ont été décidé pour servir un intérêt personnel. Nous l’avons décidé dans l’intérêt des salariés et des actionnaires qui avaient été pénalisés par la chute de l’action Lagardère. Ils devaient tirer un bénéfice de ces cessions», s’est-il défendu. De fait, sur les sept dernières années, entre 2010 et 2017, le groupe Lagardère a distribué 3,44 milliards d’euros de dividendes, soit davantage que le cumul des résultats courants avant impôt sur la même période qui s’est élevé à 2 milliards d’euros.

Europe 1 dans le flou

Arnaud Lagardère a réaffirmé qu’il a décidé de céder la plupart de ses actifs médias. Déjà les radios internationales et la branche presse dont les magazines Elle et Télé 7 jours ont été vendues au groupe Czech Media Invest. De manière étonnante, Arnaud Lagardère a insisté sur le fait qu’il n’avait pas vendu le magazine Elle car le groupe Lagardère en conserve la licence de marque. Il n’empêche, la version française de Elle sera bientôt entre les mains d’un éditeur tchèque comme les versions étrangères sont déjà entre les mains de l’éditeur américain Hearst. D’autres actifs médias comme le pôle télé avec la chaîne Gulli (estimé entre 150 et 200 millions d’euros) ou les sites Internet dont Doctissimo et Mon Docteur (estimés entre 50 et 100 millions d’euros) restent à vendre. «Mais nous ne sommes pas pressés. Et si des acheteurs pensent pouvoir les acquérir à bas prix, nous ne vendrons pas», a-t-il assuré…

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