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Critiqué, SFR Presse va à nouveau changer

Mise en ligne le 21 juillet 2018

Lire : Le JDD du 13 juillet

 

L’opérateur téléphonique annonce qu’il va améliorer la nouvelle version de son kiosque numérique. Et devrait réintégrer les PDF des journaux sur ses applications dans les prochains jours.

 

Cette version n’aura duré que quelques jours. Après le tollé suscité par la nouvelle mouture de SFR Presse, l’opérateur téléphonique s’apprête à revoir sa copie. Ce kiosque numérique, pionnier du genre depuis mai 2016, avait fait peau neuve début juillet. Fini le PDF à télécharger, fidèle à la maquette de la cinquantaine de titres proposés sur l’application (dont Le Journal du Dimanche). Le SFR Presse nouveau se voulait plus ergonomique et mieux adapté à la lecture sur smartphone et ­tablettes. Résultat, les articles sont aujourd’hui organisés par grand thèmes, selon un flux créé sur mesure par chaque utilisateur.

 

L’application est également enrichie des contenus dits « premium », c’est-à-dire payants, provenant des sites des journaux partenaires. Mais on ne modifie pas impunément les habitudes de lecture de près de 350.000 utilisateurs. D’autant que cette nouvelle mouture a des défauts : elle zappe les infographies, cartes et photos des différents journaux, voire parfois des articles entiers. Scandale chez les utilisateurs, qui se répandent en injures sur les réseaux et sur les forums SFR. « Ratage », « grosse daube », « du grand n’importe quoi », peut-on ainsi lire sur Twitter.

Une V2 pour télécharger les PDF des journaux

 

« Les réactions sur les réseaux sociaux sont très violentes », souffle, groggy, Guillaume Monteux, président ­directeur général de miLibris, qui a chapeauté la mise à jour. Ce spécialiste de la presse en ligne, dont l’entreprise vient d’être rachetée par Altice, maison mère de SFR, assure que ses équipes sont sur le pont « jour et nuit » pour rectifier le tir, et répondre aux critiques, « dont certaines sont légitimes », assure-t-il. « Il est logique qu’une évolution aussi disruptive déchaîne autant de passions », tempère-t-on également du côté de chez SFR.

 

Peut-être avons-nous poussé un peu trop loin la logique du flux

 

La suppression de tous les ­défauts de présentation sera au cœur de la nouvelle mise à jour, qui interviendra dans les prochains jours. Cette « V2 » devrait également permettre aux utilisateurs qui le souhaitent de télécharger les PDF des journaux. Dès jeudi soir, la version desktop de SFR presse réintroduisait d’ailleurs cette fonction. En attendant le déploiement sur les applications mobiles. Une concession faite à de nombreux abonnés, attachés à ce mode de lecture. « Peut-être avons-nous poussé un peu trop loin la logique du flux : certaines hiérarchies éditoriales doivent apparaître plus clairement », admet-on du côté de SFR.

Le business model a été repensé

 

De nombreuses critiques s’étaient fait entendre sur cette absence de classement de l’information. L’application était devenue relativiste : une brève semble valoir un article de une. La fonction d' »agrégateur » de SFR Presse sera néanmoins conservée en partie. « Les nouveaux usages de l’application sont encourageants : beaucoup plus d’articles sont téléchargés que sur la dernière version », se félicite déjà Guillaume Monteux. Des contenus vidéo en direct doivent aussi faire leur apparition début août. Et les éditions locales des quotidiens régionaux enrichiront bientôt l’offre globale.

 

Difficile pour SFR de passer par pertes et profits cette nouvelle version. D’autant que c’est l’ensemble du business model de ce « Netflix de la presse » qui a été repensé à l’occasion de la mise à jour. La limitation de l’application de la TVA préférentielle réservée aux médias, en mars, a mis fin à un effet d’aubaine pour les opérateurs télécoms détenteurs de kiosque numérique. Depuis avril, SFR Presse est payant. Les nouveaux clients doivent s’acquitter de 5 euros par mois pour en profiter, et 10 s’ils ne sont pas abonnés SFR. Surtout, Altice ne paie plus aux éditeurs un pourcentage par exemplaire téléchargé sur l’appli. Un montant fixe forfaitaire a été négocié avec chacun d’entre eux.

 

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