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Est-il vrai qu’un quart du papier en France est utilisé pour les prospectus ?

Mise en ligne le 16 juillet 2018

Lire : Libération du 11 juillet

Oui, si l’on considère uniquement le papier à usage graphique, c’est-à-dire destiné à être un support d’écriture.

 

Question posée par Neil Tamzali le 08/07/2018

 

Votre question s’accompagnait d’un lien vers un article du site Ca doit se savoir (sic), que nous avons déjà épinglé pour ses articles assez peu factuels, voire sensationnalistes. Comme toujours sur ce site, l’article est une reproduction d’un contenu venu d’ailleurs, en l’occurrence le Daily geek show. Sur ce site, le sujet, titré «Gâchis monstrueux : la pub dans les boîtes aux lettres constitue ¼ du papier utilisé en France», a été publié le 28 juin, et est sourcé 20 Minutes.

 

Une recherche Google nous fait atterrir sur un article du site du quotidien gratuit, titré de manière plus neutre : «La pub dans les boîtes aux lettres continue d’augmenter, dénonce l’UFC que choisir.» C’est une resucée d’une dépêche de l’Agence France presse (AFP).

 

Assez habilement, le Daily geek show (et par mimétisme Ca doit se savoir) ont titré sur ce passage de la dépêche : «Les publicités déposées dans les boîtes représentent « en volume, un quart du papier consommé en France (contre 20 % en 2012) », regrette Que Choisir.»

 

Vous nous avez demandé de vérifier cette assertion. Sur le site d’UFC Que Choisir, on trouve facilement le communiqué qui a inspiré la dépêche. En substance, l’association dénonce les prospectus publicitaires qui inondent les boîtes aux lettres, appelle à dissuader, légalement, les grandes enseignes d’y recourir, et vante les mérites de ses autocollants «stop pub». On y lit :

 

Dans un contexte de baisse de l’utilisation du papier, la distribution de prospectus publicitaires ne faiblit pas et représente, en volume, un quart du papier consommé en France (contre 20 % en 2012).

 

Une vidéo qui accompagne ce communiqué précise que «cette montagne de prospectus consomme plus de 700 000 tonnes de papier.»

25 % du papier à usage graphique, 8 % du total

 

Contactée par CheckNews, UFC confirme que ce chiffre de 700 000 tonnes exprime en valeur absolue ce «quart du papier consommé en France». Et reconnaît qu’il n’est pas question ici de l’ensemble du papier consommé dans le pays, mais uniquement du papier à usage graphique.

 

La source de ces données est un rapport de 2017 de l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, nous explique UFC. Les chiffres valent pour l’année 2016. Ce rapport sur les «flux de produits graphiques en France» décompose poste par poste la production et la consommation du papier à usage graphique dans le pays. C’est-à-dire, schématiquement, le papier ou le carton qui ont vocation à devenir des supports d’écriture. Des journaux aux livres, en passant, donc, par les imprimés publicitaires.

 

Un des tableaux du document de l’Ademe nous apprend bien que le «tonnage consommé par l’utilisateur final» pour «des imprimés publicitaires, distribués en boîte aux lettres» est de 726 900 tonnes en 2016. Un chiffre arrondi à la centaine, et dont la marge d’erreur est de 5 %.

Or, l’ensemble du papier à usage graphique utilisé pour cette année est de 2 813 100 tonnes (ci-dessous). Une règle de trois nous apprend qu’en 2016, 25,84 % du papier à usage graphique consommé l’était pour des prospectus publicitaires. C’est le premier poste d’utilisation de ce papier, devant la bureautique (17,4 %) et la presse magazine

(9,8 %).

 

À noter toutefois, que selon l’union française des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel), qui représente les industries du secteur, le papier graphique ne représente que 35 % de l’ensemble de la consommation de papiers et de cartons du pays (54 % sont utilisés pour des emballages, et 10 % pour des papiers d’hygiène).

 

À cet égard, les prospectus publicitaires représentent 8,25 % de la consommation de papiers et cartons du pays.

 

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