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Free en quête d’un nouveau modèle

Mise en ligne le 09 septembre 2018

Lire Le Figaro du 5/9/18 page 27

Extrait

Alors que tous ses indicateurs financiers sont en baisse, l’opérateur télécoms de Xavier Niel est en quête d’un nouveau modèle.

La roue tourne dans les télécoms français. Free en fait les frais, avec des résultats «décevants» depuis le début de l’année. Pour la première fois de son histoire, le groupe enregistre un recul de son chiffre d’affaires. Iliad, la maison mère de Free, affiche un revenu trimestriel en repli de 0,2 %, à 2,39 milliards d’euros. Hors Italie, où le groupe s’est lancé au début de l’été, le recul serait de plus de 2 %. Tous les indicateurs financiers sont en baisse, avec un excédent brut d’exploitation (Ebitda) en baisse de 2,2 % en France et un résultat net qui perd 0,4 %, à 232 millions d’euros.

«Ce sont des clients à 0 et à 2 euros qui sont partis. Depuis le début de l’année nous avons gagné 500.000 abonnés à notre offre à 19,99 euros (15 euros pour les abonnés Freebox)»

Thomas Reynaud

Thomas Reynaud, directeur général d’Iliad, préfère mettre en avant des «bases financières solides», notamment au regard du faible taux d’endettement du groupe (la dette s’élève à 3,3 milliards d’euros à fin juin). Il concède, en revanche, que Free a réalisé «un mauvais semestre sur le plan commercial». «Free n’arrive plus à conquérir de nouveaux clients», résume Tariq Ashraf, consultant Télécoms chez Bearing Points. En effet, pour la première fois depuis son arrivée sur le marché du mobile en 2012, Free perd des clients sur ce segment. En trois mois, ce sont même 200.000 abonnés mobile qui ont filé à la concurrence, ramenant sa base installée à 13,6 millions de clients. «Ce sont des clients à 0 et à 2 euros qui sont partis. Depuis le début de l’année nous avons gagné 500.000 abonnés à notre offre à 19,99 euros (15 euros pour les abonnés Freebox)», clame Thomas Reynaud. Néanmoins, ce n’est jamais très bon signe quand un opérateur télécoms commence à perdre des clients en masse, fussent-ils les moins rentables.

L’expérience vécue par SFR en 2015 et 2016 l’a prouvé. Ensuite, cela signe l’échec de la stratégie de «montée en gamme» de Free, qui essayait de faire passer ses abonnés d’un forfait à l’autre. Enfin, le directeur général de Free affirme que, parmi les nouveaux clients, la part de ceux qui ont profité de la promotion à 9,99 euros (au lieu de 19,99 euros) est marginale. Au final, Free se refuse à commenter l’évolution de son revenu mensuel moyen par abonné (Arpu). Il y a trois ans, Xavier Niel l’avait estimé à 10 euros. Depuis, le groupe est resté muet sur le sujet.

Une nouvelle box

Autre point préoccupant, le revenu moyen par abonné continue de dévisser, cette fois dans le fixe, à 32,8 euros. Une lente glissade qui vient grever les marges du groupe. Or, faut-il le rappeler, Free a fait du fixe son socle financier pour financer son développement dans le mobile. Au deuxième trimestre, il a perdu 20.000 abonnés (et 47.000 sur le semestre), ramenant sa base à 6,47 millions de clients. Il subit de plein fouet l’offensive de Bouygues Telecom qui multiplie les promotions dans le domaine. À cela s’ajoute la montée en puissance inexorable d’Orange dans la fibre. L’opérateur historique vient tailler des croupières à Free sur son cœur de marché, les centres urbains, et plus particulièrement Paris et l’Ile-de-France.

«Free a fait de bons résultats dans la fibre. Il investit massivement dans cette technologie, c’est plutôt bon signe pour la suite»

Un expert du secteur

Mais, là encore, le groupe se veut rassurant. Tout d’abord en annonçant «une nouvelle box dans quelques semaines». Outil de conquête par excellence chez Free, la box nouvelle génération se fait toutefois attendre. Cela fait près de deux ans que l’opérateur de Xavier Niel maintient le suspense. Ensuite, Thomas Reynaud souligne l’avancée de Free dans la fibre, avec 7,9 millions de prises disponibles et 734.000 abonnés. «Free a fait de bons résultats dans la fibre…

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