Categories | Revue de presse

L’absentéisme progresse encore

Mise en ligne le 09 septembre 2018

Lire Le Figaro du 6/9/18 pages 24 et 25

Extrait

Insatisfaction au travail, vieillissement de la population active… le taux d’absentéisme poursuit son inexorable hausse dans les entreprises privées, selon un baromètre Ayming.

Rebelote! Pour la troisième année consécutive, le taux moyen d’absentéisme des salariés dans les entreprises privées poursuit son inexorable hausse en France, passant de 4,59 % en 2016 à 4,72 % en 2017, selon le 10e baromètre de l’absentéisme et de l’engagement réalisé par le cabinet de conseil Ayming et dont Le Figaro publie en exclusivité les résultats. Cette nouvelle progression fixe la moyenne nationale à 17,2 jours d’absence par an et par salarié pour des arrêts maladie, des accidents du travail ou des maladies professionnelles, contre 16,8 l’année précédente.

» LIRE AUSSI – Un salarié sur trois est absent au moins une fois dans l’année

Trois secteurs se détachent particulièrement. Dans la santé (établissements privés), le taux d’absentéisme dépasse ainsi la moyenne et grimpe à 5,31 %, contre 5,04 % en 2016. «La manipulation de patients provoque des troubles musculo-squelettiques difficiles à soigner, engendrant des arrêts longs. De plus, cette population active est vieillissante et son renouvellement y est plus faible qu’ailleurs», assure Fabien Piazzon, consultant chez Ayming. L’industrie est, quant à elle, passée d’un taux d’absentéisme de 3,43 à 3,94 % en un an, quand le commerce a vu son taux grimper de 4,30 à 4,86 %. Là aussi, les troubles musculo-squelettiques sont présents en nombre à cause du port de charge. Par ailleurs, le renouvellement du personnel dans le commerce est très fort et le sentiment d’appartenance à l’entreprise y est plus faible qu’ailleurs. «L’activité commerçante est devenue mineure aujourd’hui. Le personnel met les articles en rayon, il n’y a pas de réflexion sur les postes. Il est important de redonner du sens au travail pour motiver les collaborateurs», pointe Fabien Piazzon. Bonne nouvelle: l’embellie se poursuit dans les services avec un taux qui régresse à 4,84 %, contre 5,48 % en 2016.

Les femmes plus exposées

Sans surprise, l’écart entre le taux d’absentéisme des hommes et des femmes demeure élevé, atteignant respectivement 3,54 % et 5,30 %. Comme les années précédentes, il ressort que les femmes sont plus exposées physiquement avec des tâches répétitives. De plus, elles assurent toujours plus de charges domestiques que leurs conjoints, et sont plus nombreuses en situation monoparentale.

Les disparités territoriales restent également conséquentes, avec de fortes hausses en Corse (à 6,99 %), en Normandie (à 4,90 %), dans le Grand Est (à 5,06) et en Occitanie (à 5,50 %). Des niveaux plus élevés que la moyenne qui s’expliquent par le taux de chômage important enregistré dans ces territoires. Même si les salariés ne se sentent pas bien dans leur emploi, ils hésitent à en changer. Une insatisfaction professionnelle qui entraîne de l’absentéisme.

Le taux d’absentéisme fluctue en fonction de l’ancienneté

Avec des arrêts maladie de longue durée plus nombreux (45 %), l’absentéisme des seniors est plus élevé et s’établit à 7,11 % en 2017. Ils sont dus à des maladies graves et une rémission moins rapide sur des pathologies classiques. En revanche, si le taux des moins de 30 ans est plus faible (3,23 %), ces derniers sont plus souvent absents mais pour des causes moins sérieuses. Une particularité cependant chez les moins de 25 ans, où l’absentéisme de plus de 90 jours est fort, puisqu’il culmine à 7 %. La raison? La désillusion des jeunes face à une réalité professionnelle différente de leurs attentes.

Par ailleurs, le taux d’absentéisme fluctue en fonction de l’ancienneté. Il est plus grand pour les salariés arrivés dans l’année que pour ceux en poste depuis plus longtemps. À partir de cinq ans de présence dans l’entreprise, le taux diminue de plus de 30 % pour certaines catégories d’âge. Mais pour Fabien Piazzon, «l’absentéisme n’est pas une affaire d’âge». Il alerte cependant sur la nécessité des employeurs à adapter les conditions de travail aux capacités physiques des seniors, les aînés étant aujourd’hui plus vieux au travail qu’il y a vingt ans.

» LIRE AUSSI – La Sécu veut dévoiler les motifs d’absence des salariés pour aider les entreprises

Quant au rapport au travail selon les générations, ce 10e baromètre Ayming relève que si «les entreprises investissent davantage dans les jeunes générations, les seniors sont une population qui pourrait être une grande source de performance pour peu qu’elles prennent mieux en compte leurs particularités». Ainsi, ces derniers répondent à 78 % présents quand le patron a besoin d’eux, contre 60 % des jeunes.

Quoi qu’il en soit, la demande d’autonomie est une préoccupation qui fait consensus, pour toutes les tranches d’âge. «Oser parler de nouvelles façons de travailler peut être une des réponses à cette hausse permanente de l’absentéisme», indique Fabien Piazzon.


Méthodologie

Le 10e baromètre  de l’absentéisme  et de l’engagement,  édité par le groupe  de conseil en performance Ayming et dont Le Figaro publie cette année encore les résultats en exclusivité, contient en réalité  deux parties.

La première partie,  qui traite à proprement parler du sujet de l’absentéisme, est basée  sur une étude quantitative en 2017 réalisée,  en partenariat avec AG2R La Mondiale, auprès  de 46.540 entreprises employant 1,84 million  de salariés du secteur privé.

La seconde partie  porte en revanche  sur une étude qualitative, réalisée cette fois par Kantar TNS auprès  de 1000 salariés  du secteur privé  sur leur engagement  dans l’entreprise.


Comparaison difficile entre public et privé par manque de données

Il est très difficile de faire des comparaisons avec le public. La raison? Les données font défaut. Tout juste peut-on approcher le problème dans  la fonction publique territoriale grâce à l’enquête réalisée chaque année par le courtier en assurances Sofaxis.  Selon les résultats provisoires de juin, les collectivités territoriales ont ainsi compté 9,8 agents absents en permanence sur 100 en 2017, contre 9,5 en 2016...

Share

Les commentaires sont fermés

Notre mission

La CCFI a pour mission de fédérer tous les acteurs de l'Industries Graphiques et assurer une veille technologique nécessaire à la maitrise de nos métiers et process d'aujourd'hui et de préparer ceux de demain.