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WPP entame une nouvelle ère avec Mark Read à sa tête

Mise en ligne le 09 septembre 2018

Lire Le Figaro du5/9/18 page 28

Extrait

Le numéro 1 mondial de la publicité détaillera bientôt sa stratégie. Le virage technologique devrait être affirmé par le nouveau directeur général.

C’est peu de dire qu’il a du pain sur la planche. Mais Mark Read, confirmé lundi au poste de directeur général de WPP, a pu présenter mardi des résultats semestriels plutôt rassurants. Le groupe britannique, numéro un mondial de la communication, a enregistré sur les six premiers mois de l’année un revenu de 7,5 milliards de livres (8,3 milliards d’euros), en baisse de 2,1 %, mais en hausse de 1,6 % hors effets de change et à périmètre constant. D’avril à juin, cette croissance organique a même atteint 2,4 %.

«C’est le premier trimestre de croissance à données comparables depuis le premier trimestre 2017, et les performances du groupe ont été solides à la fois dans le gain et la conservation de contrats», s’est félicité le successeur de Martin Sorrell. Au rang des bonnes nouvelles, WPP a remporté plusieurs budgets importants lors de la période récente de «Mediapalooza» (concentration de compétitions pour de gros budgets mondiaux) avec le gain net de deux clients majeurs dans la grande consommation, Mars et Mondelez.

Un groupe tentaculaire

À 51 ans, Mark Read, un surdoué passé par Cambridge, Harvard et l’Insead, hérite d’un groupe tentaculaire, composé de 3000 bureaux émanant de 400 sociétés structurées autour des métiers de l’achat médias (GroupM), du digital/data (AKQA, Wunderman), de la création publicitaire (Ogilvy, Grey, Y&R…), des relations publiques (Burson Marsteller, Hill & Kwolton) et des études (Kantar).

Même si ses revenus patinent depuis dix-huit mois, WPP reste une belle «cash machine». Au premier semestre, le groupe a dégagé 672,4 millions de livres de bénéfice. Certes, les marges sont plus faibles qu’il y a un an. Mais Mark Read affiche sa volonté de se détacher du court-termisme pour restructurer WPP en profondeur et lui donner le cadre d’une croissance durable. Des perspectives pas vraiment du goût des investisseurs: l’action WPP a perdu plus de 6 % mardi à la Bourse de Londres.

Peu importe. Mark Read veut lui aussi être maître des horloges. Il a annoncé qu’il allait préciser d’ici à la fin d’année sa stratégie, qui devrait passer par une revue complète des actifs. Après s’être délesté des participations minoritaires non stratégiques, comme sa part de 15 % dans la plateforme programmatique AppNexus, en passe d’être rachetée par AT&T, ou ses 9 % dans Vice Media, WPP pourrait vendre des activités considérées comme pas assez performantes et, surtout, revoir son organisation en rapprochant certains de ses réseaux, voire en supprimant des enseignes.

Pour les prochains mois, la priorité du groupe sera donnée à «renforcer ses positions sur le marché américain, notamment les réseaux créatifs», a détaillé Mark Read. Les États-Unis, premier marché publicitaire mondial actuellement en forte croissance, est aussi le premier marché de WPP (7 milliards de dollars de revenu l’an passé). C’est la seule véritable ombre au tableau des résultats publiés hier, puisque la baisse du chiffre d’affaires américain s’est accrue entre le premier et le deuxième trimestre…

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