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Dossier Industries graphiques : l’hégémonie du court tirage

Mise en ligne le 25 novembre 2018

Lire Livres Hebdo du 16/11/18

Extrait

Dans le livre monochrome, les imprimeurs n’investissent plus que dans des rotatives numériques jet d’encre dont les performances en courts tirages répondent à la demande des éditeurs. L’offset résiste, avec des volumes plus réduits, dans la fabrication de livres couleur, aussi plus exposée à la concurrence étrangère. _ par Hervé Hugueny

Les imprimeurs de livres sont méritants : confrontés à un marché en érosion constante, les plus dynamiques d’entre eux continuent d’investir et de se concurrencer sans faiblir, pour le plus grand bonheur des éditeurs. « L’imprimerie est un métier très capitalistique, qui demande de gros investissements, sur un marché compliqué où les marges sont faibles », résume Frédéric Fabi, P-DG de Dupli-print (Domont, Val-d’Oise). Fondée en 1993, l’entreprise emploie une centaine de personnes et réalisera cette année 18 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 30 % avec le livre. « D’ici à trois ans, le livre représentera la moitié de notre activité, sachant que nos autres départements vont aussi progresser », ajoute l’imprimeur spécialisé dans le monochrome, qui gagne des parts de marché dans un secteur dont la demande se réduit, en tirages moyens comme en volume global. Il y a forcément des perdants parmi ceux qui ne suivent pas le mouvement.

Contrôler les stocks

A l’origine de cette évolution, l’impression numérique jet d’encre, désormais bien installée dans la fabrication de livres de texte, se complète aujourd’hui d’une automatisation en cours d’organisation, étroitement imbriquée dans la gestion des stocks et de la distribution. Après une année de recherche et de tests, Dupli-print a démarré à la rentrée le programme Ritméo conçu par Hachette pour les réimpressions de livres à rotation lente, qui automatise les commandes de quelques dizaines d’exemplaires. Il s’agit de contrôler au plus juste les stocks, en évitant toute rupture d’approvisionnement. « Après une mise en production avec les éditeurs du groupe, nous proposerons ce service aux éditeurs tiers. Nous devrions atteindre la pleine puissance de production l’an prochain », prévoit Benoît Aubin, directeur chargé des relations et des services éditeurs de la branche services et opération d’Hachette. Ritméo complète l’impression à l’unité ou très court tirage de Lightning Source (+ 18 % de progression l’an dernier), installée dans le centre logistique du groupe à Maurepas (Yvelines).

Dans l’atelier, la fabrication est réalisée sur une presse jet d’encre noire Canon Jetstream 5 500 (laize de 76,2 cm) complétée d’une chaîne de finition Tecnau Libra 800. Preuve de sa réponse aux besoins, elle va fonctionner en 3 × 8, quelques mois après son installation. La technologie numérique a supprimé les frais de calage et la gâche papier, et donc le tirage minimal pour amortir ces coûts fixes. Mais il reste les coûts administratifs de traitement de dossiers, qui auraient pris une importance démesurée aussi bien chez les éditeurs que chez l’imprimeur, avec la multiplication de ces ordres de fabrication pour quelques dizaines de volumes : à raison d’une capacité de fabrication de 5 millions de volumes par an, c’est plusieurs dizaines de milliers de commandes qu’il faut lancer pour occuper cette nouvelle chaîne…

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