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Editis : pourquoi Vivendi revient

Mise en ligne le 25 novembre 2018

Lire Livres Hebdo du 21/3/18

Extrait

e groupe qui avait cédé sa branche édition en 2002 la reprend seize ans plus tard, avec l’ambition renouvelée d’intégrer les métiers de production de contenus sur différents supports, avec leur diffusion et leur promotion. _ par Hervé Hugueny

Après l’annonce, le 15 novembre, de l’accord de reprise avec Planeta, Vivendi attend l’avis de l’Autorité de la concurrence, d’ici à décembre ou janvier, pour confirmer le bouclage du rachat d’Editis. Mais ce ne sera qu’une formalité : le groupe présidé par Arnaud de Puyfontaine et contrôlé par Vincent Bolloré n’a plus d’activité dans l’édition depuis la cession de ce qui s’appelait alors Vivendi Universal Publishing (Vup), en 2002. Son retour dans le livre n’entraînera aucune concentration et ne réduira donc en rien la concurrence dans le secteur.

La reprise pourrait même la relancer, avec un actionnaire qui aura plus de moyens que Planeta : perclus de dettes, le groupe espagnol (3,2 Mds d’euros de chiffre d’affaires en 2017, – 2,4 %) ne soutenait plus son fleuron français, qui a manqué l’essentiel des occasions de croissance externe qui s’offraient à lui, et a laissé filer quelques pépites parmi ses auteurs. Vivendi a réalisé 12,4 Mds d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier (+ 15 %), avec 1,03 Md d’euros de résultat opérationnel (+ 16,7 %). En 2002, il avait affiché une perte record de 23,3 Mds d’euros, pour 41,6 Mds d’euros de chiffre d’affaires, et était amputé de pans entiers vendus dans l’urgence pour éviter la faillite.

Cessions en série

Tous les dirigeants d’alors sont partis, dont l’emblématique Jean-Marie Messier, qui avait bâti un empire de dettes. Le groupe a cédé ses activités dans la téléphonie (SFR), les studios de cinémas et parcs d’attractions américains (Universal Entertainment), la distribution et l’assainissement d’eau (l’historique Générale des eaux), la presse et l’édition. Il reste la musique avec Universal Music Group, la télévision et la production de cinéma avec le groupe Canal+, les jeux sur téléphone mobile avec Gameloft, la communication avec Havas, les salles de spectacle avec Vivendi Village, et Internet avec DailyMotion, toutes filiales contrôlées à 100 %, comme le sera Editis.

Le modèle
Paddington

Le profil du groupe actuel apparaît finalement resserré sur ce qui devait être son cœur d’activité, et l’objectif proclamé de son P-DG déchu : proposer au consommateur « toutes les informations, les divertissements et les services de son choix sur tous les écrans de sa vie quotidienne » et créer des synergies entre des métiers de contenus…

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