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L’industrie s’expose au Grand Palais

Mise en ligne le 25 novembre 2018

Lire Le Figaro du 23/11/18 pages 18 et 19

Extrait

Les industriels veulent changer le regard des Français et surtout des jeunes sur leurs métiers en transportant sous la nef du musée parisien leurs machines, leurs robots, leurs ingénieurs et leurs collaborateurs.

Pour en finir avec les préjugés sur leurs métiers, une poignée d’industriels a décidé de prendre le taureau par les cornes. Avec des capitaux privés, sous l’égide de la fondation L’Usine extraordinaire, reconnue d’utilité publique, ils ont transporté sous la nef du Grand Palais, à Paris, leurs machines, leurs robots, leurs ingénieurs et leurs collaborateurs.

D’ici à dimanche soir, ils espèrent attirer dans cette exposition gratuite, ouverte à tous, quelque 50.000 Parisiens. Mais c’est aux jeunes, surtout, qu’ils font les yeux doux: 10.000 «scolaires» devraient venir découvrir, souvent pour la première fois, à quoi peut ressembler, au XXIe siècle, une usine. Le sésame pour, qui sait, un jour, peut être envisager d’y travailler.

Car certaines images ont la vie dure. «Ce n’est plus “Chaplin” chez nous», résume d’emblée Patricia Gabriel, la DRH Europe de KSB, un fabricant allemand de pompes et de vannes qui emploie 1700 personnes dans ses quatre usines françaises. Sur son stand, c’est un hologramme qui se charge d’expliquer aux néophytes comment fonctionne une pompe. Mais c’est la table digitale, un peu plus loin, qui a attiré déjà une dizaine d’adolescents. Elle pose des questions auxquelles ils ont peu de chances de savoir répondre. Combien, par exemple, de pompes ont été installées pour climatiser la plus haute tour du monde? «Soixante-sept, souffle la DRH, c’est nous qui les avons construites.»

Cette Usine extraordinaire implantée au cœur de Paris n’est pas seulement l’occasion, pour les industriels, de montrer au public leurs produits, eux qui fabriquent souvent pour d’autres industriels et dont le savoir-faire passe donc inaperçu de l’immense majorité des Français. C’est aussi l’opportunité de prouver qu’eux aussi connaissent la technologie, si séduisante aux yeux des jeunes générations.

«Inventer, connecter, fabriquer»

Sur le stand de BoschRexroth, leader mondial de l’automation et des équipements industriels, un technicien venu du Calvados en fait la démonstration avec sa main gantée. «Ce gant est connecté, le mouvement de la main est ainsi enregistré pour optimiser les opérations de montage sur les chaînes de production», explique-t-il à un petit groupe de curieux. «Et ce n’est pas pour surveiller la productivité des ouvriers!» renchérit un visiteur, visiblement connaisseur.

Juste à côté, c’est Robert le robot, pur produit d’intelligence artificielle, qui en impose aux promeneurs. Mais des curieux se penchent, eux, sur un jeu vidéo. «Non, c’est un outil de maintenance prédictive», corrige un ingénieur. L’appareil surveille dans l’usine les bruits, la chaleur, les mouvements des machines pour déceler les pannes avant qu’elles ne se produisent. «Chez nous, les jeunes y prennent goût, à l’industrie. L’un d’eux, venu dans l’entreprise pour un BTS, termine maintenant son doctorat», raconte l’animateur.

Inventer, connecter, fabriquer sont les trois mots-clés qui structurent cette exposition de 13 000 m2. Et c’est dans la partie consacrée à la fabrication que les visiteurs seront le plus dépaysés. Redex, l’entreprise que dirige Bruno Grandjean, président de la fondation L’Usine extraordinaire et initiateur de cette manifestation exceptionnelle, y expose un laminoir, cet appareil qui écrase les fils d’acier au micron près pour répondre aux demandes stratégiques de ses clients.

Plus loin, c’est Paprec, leader du recyclage, qui fait fonctionner une petite machine utilisée pour tester la pureté des produits issus de matière recyclée. Verser une petite pelle de billes de plastique issues du recyclage permet de récupérer à l’autre bout un mince film plastique, prêt à l’emploi…

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