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Les câbles sous-marins, au cœur de la bataille de l’Internet mondial

Mise en ligne le 02 décembre 2018

Lire Le Figaro du 1/12/18 page 24

Extrait

La Chine prend une place croissante. Elle développe un axe Est-Ouest.

L’Internet mondial joue son avenir 20.000 lieues sous les mers. Les câbles sous-marins assurent 97 % des communications numériques mondiales. «Il n’y a pas d’alternative à l’utilisation de câbles sous-marins. Les satellites ne peuvent répondre aux exigences de communication de la société et de l’économie digitale moderne», souligne le think-tank britannique Policy Exchange dans un long rapport sur l’importance stratégique des liaisons sous-marines. Sans ses câbles, le Royaume-Uni irait tout droit à la faillite.

Disposer de câbles, c’est avoir une ouverture sur le monde. Les îles ne sont pas les seuls territoires concernés, loin de là. Toute la planète est concernée. Les pays qui les accueillent voient aussi leurs infrastructures techniques se développer, devenant des terres de prédilection pour l’installation de data centers et, plus largement, les infrastructures technologiques. Les câbles restent pour longtemps encore un actif numérique central, donnant à ceux qui les contrôlent un véritable avantage économique, stratégique et militaire.

Consciente de l’importance des câbles sous-marins, la France regarde de près un des dossiers chauds du moment: l’avenir d’ASN. Le français est un des rares fabricants mondiaux de câbles sous-marins et le seul à être intégré de bout en bout. Il est la propriété de Nokia, qui l’a trouvé dans la corbeille de la mariée lors du rachat d’Alcatel-Lucent, en 2015. Depuis, il cherche à se désengager. La cession de cet actif est un véritable serpent de mer, le dossier a été ouvert bien avant la vente d’Alcatel à Nokia. Mais pas question pour le gouvernement de le voir filer dans les mains d’un groupe étranger. Même l’italien Prysmian, qui a pourtant déjà repris d’anciens actifs d’Alcatel, a été écarté du dossier. Orange et Nexans, le leader mondial du câble, ont jeté l’éponge pour des raisons de stratégie industrielle. ASN finalement devrait être cédé à Ekinops, une ETI bretonne spécialisée dans la fabrication d’équipements optiques pour les réseaux fibres. Plus précisément, la vente pourrait se faire au profit des actionnaires d’Ekinops, dont BPI France et le fonds d’investissement Aleph Capital, basé à Londres.

Les tensions entourant ce dossier reflètent l’importance croissante accordée aux câbles, dans un marché qui reste demandeur. Contrairement aux idées reçues, de nouveaux câbles sont posés régulièrement, y compris pour les liaisons réputées les mieux assurées. «Entre l’Europe et les États-Unis, de nombreux câbles ont été posés dans les années 2000…

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