CCFI

Sauramps en liquidation judiciaire

Après 80 ans d’existence, la célèbre librairie indépendante va fermer ses portes mais un nouveau projet pourrait voir le jour

L’avenir des 54 salariés des magasins Sauramps de Montpellier et Alès s’est joué ce vendredi 3 juillet 2026 devant le tribunal de commerce. La justice a décidé de la liquidation judiciaire du groupe, faute de repreneur. La librairie indépendante, fondée en 1946, faisait face à des difficultés financières depuis des mois et était en redressement judiciaire depuis le 15 juin.

8h30 ce vendredi matin, les employés de cette institution mythique de Montpellier, vieille de 80 ans, étaient inquiets à leur arrivée au tribunal de commerce. Et l’attente sera probablement longue car les dossiers à examiner sont nombreux, plus de 80. Et celui de Sauramps sera le 47e.

Cette audience, 3 semaines après l’annonce du redressement judiciaire de la librairie qui compte deux magasins, un à Montpellier et un à Alès, dans le Gard, doit décider du sort du groupe Sauramps et donc des employés.

À 10h, pour la première fois depuis 1946, les portes du magasin Sauramps de Montpellier sont restées closes.

Une dure journée pour les salariés

Employés, syndicalistes et membres du CSE de Sauramps se sont armés de patience dans les couloirs du tribunal. Car la première audience de leur dossier, à savoir leur passage devant les juges, a eu lieu en fin de matinée.

“L’attente, c’est angoissant, la possible fin de l’aventure, c’est angoissant. Et ce qui est très pénible, c’est de ne rien savoir, le flou depuis des semaines. Et on se prépare au pire” poursuit Arnaud Bresson.

Il faut dire que le secteur du livre est en crise et qu’aucun repreneur ne s’est manifesté à l’issue du redressement judiciaire.

Au final, une liquidation judiciaire… et un nouveau projet ?

Peu avant midi, la décision est tombée. La justice comme le patron de Sauramps, François Fontès, ont acté la liquidation judiciaire du groupe. C’était aussi la demande du mandataire judiciaire qui a plaidé pour un règlement rapide du dossier “afin de lever l’épée de Damoclès qui pèse sur les salariés depuis des mois”.

Même si les salariés étaient préparés à cette issue quasi inéluctable, ils étaient tous très affectés au prononcé de la décision.

Pour de nombreux salariés, c’est une vie entière passées dans cette librairie, en tout cas des décennies. Ces gens-là n’ont pas envie que Sauramps disparaisse comme ça du jour au lendemain. C’est un sentiment de frustration, de gâchis d’en arriver à cette situation-là.

Arnaud Bresson, membre du CSE du groupe Sauramps.

Les magasins vont donc fermer et les 54 salariés seront licenciés.

C’est la fin d’une institution culturelle à Montpellier. Ou pas ? Le propriétaire de Sauramps, François Fontès, travaillerait avec le Conseil régional Occitanie et la métropole de Montpellier à un nouveau concept, avec une reprise partielle des salariés, c’est ce qu’il a déclaré à France 3 Occitanie, ce vendredi midi.

Un projet confirmé dans la journée par Carole Delga. La présidente PS de la Région Occitanie explique dans un communiqué : “L’enjeu : construire dans les prochaines semaines une offre de reprise, avec différents scénarios en cours, pour un projet largement repensé et économiquement viable. La Région Occitanie et Montpellier Méditerranée Métropole accompagneront ce projet de reprise dès qu’il sera concrétisé”.

Le soutien des clients

Devant la boutique Sauramps, ce vendredi, à Montpellier, les clients apprenaient l’annonce de la fermeture avec regret.

“C’est bien dommage parce que c’était une institution. Des librairies indépendantes, il n’y en a plus beaucoup. Mais c’est vrai que ça a été concurrencé par Cultura et la FNAC” constate un client. “Maintenant, je commande sur internet, c’est pratique et cela va plus vite” avoue cette cliente occasionnelle.

“C’est dommage, une librairie qui ferme, c’est un pan de culture qui s’en va, ce n’est jamais une bonne nouvelle” dit cette passante.

Après un premier redressement judiciaire et le rachat par l’architecte François Fontès en 2017, 8,5 millions d’euros avait été injectés dans la société. Mais aujourd’hui, le groupe accuse un nouveau passif de l’ordre de 4 millions d’euros, d’où la décision de jeter l’éponge.

Lire : France3 Occitanie du 3 juillet

Jean-Philippe Behr

Demande d’adhésion à la CCFI

Archives

Connexion

Demande d’adhésion à la CCFI