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Une auteure sud-africaine revendique 371 livres publiés en 20 mois avec l’aide de l’IA

Malgré les critiques, l’écrivaine Coral Hart assume son recours à l’intelligence artificielle pour écrire des centaines d’histoires d’amour qu’elle autoédite.

Près de 400 livres publiés en moins de deux ans ! Même un auteur extrêmement prolifique ne peut rivaliser avec la machine. L’auteure sud-africaine Coral Hart se vante de pouvoir écrire un livre en 45 minutes grâce aux nouvelles technologies, elle en a d’ailleurs fait la démonstration pendant un entretien avec le New York Times, du début de l’année 2026. “J’ai choisi d’être celle qui se montre et dit : il faut avoir ces discussions” sur l’IA et l’écriture, explique Coral Hart à l’AFP, affichant à son compteur 371 livres publiés depuis février 2025. De quoi bousculer un peu plus le monde de l’édition et du livre qui regarde avec inquiétude cette déferlante IA, après l’affaire Thélyson Orélien.

Coral Hart revendique un million de ventes en prenant en compte les livres papier, audio et numériques et un revenu à six chiffres. Difficile de vérifier, car elle utilise des dizaines de pseudonymes, pour se protéger des attaques. Coral Hart, qui est aussi un pseudonyme, explique avoir mis trois ans à se familiariser avec les outils et bâtir une matrice efficace pour produire un livre. Elle écrit essentiellement des romans d’amour (le genre le plus vendu), en jonglant avec ChatGPT “très bon sur les dialogues”, Claude “incroyable pour la prose” ou Grok “totalement désinhibé” pour les scènes érotiques. Une méthode qu’elle vend désormais en tant que chef d’entreprise d’une PME de coaching pour les auteurs. Elle se félicite d’avoir formé 1 600 écrivains et s’apprête à lancer un logiciel clé en main pour auteur IA.

Pas de label IA sur les livres

Car Coral Hart est surtout une businesswoman qui a compris comment tirer profit de ces nouveaux outils. “Cette technologie “est là. (…) Ils ne vont pas la débrancher parce que des auteurs l’ont décidé”, assure-t-elle. Pourtant son militantisme lui vaut beaucoup de critiques. Qualifiée d’“arnaqueuse”, “scélérate” ou de “diabolique”, elle parle de “dizaines de milliers” de messages haineux et de plusieurs menaces de mort sur les réseaux sociaux.

Si elle milite pour l’IA dans des interviews sous pseudonyme, elle évite pourtant de mettre un “label IA” sur ses ouvrages qu’elle autoédite, par crainte de rompre la confiance avec les lecteurs réfractaires. “Aujourd’hui, si je le dis, on va me haïr, ajouter mon nom à une liste et me menacer”, assure-t-elle. À ceux qui l’accusent de contribuer à la “bouillie IA”, avec une déferlante de contenus de mauvaise qualité générés par l’intelligence artificielle, elle oppose un argument séduisant pour les maisons d’édition : “mes livres se vendent”. Elle rappelle aussi que le livre de Thélyson Orélien accusé d’avoir été écrit avec l’aide de l’IA, est un succès de librairie et a suscité les éloges de critiques littéraires. “Si le label IA vous fait détester un livre”, dit-elle, “est-ce que c’est l’ouvrage que vous rejetez, ou l’IA ?”.

Lire : France Info du 23 octobre

Jean-Philippe Behr

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