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Après la polémique sur le recours à l’IA, les ventes du livre de Thélyson Orélien bondissent

La semaine passée, le roman a vu ses ventes accélérer, selon l’Observatoire de la librairie. Avant le début de la polémique, « C’était ça ou Mourir » était déjà lancé l’un des plus en vue de la rentrée littéraire, d’après Edistat.

Il ne se verra pas décerner le prix Goncourt, mais ce livre restera celui de la rentrée littéraire de 2026. Un peu plus d’une semaine après le début de la polémique qui frappe le roman « C’était ça ou mourir » de l’auteur canado-haïtien Thélyson Orélien, soupçonné d’avoir eu recours à de l’intelligence artificielle générative pour l’écriture de son manuscrit, les premiers effets sur les ventes de cette affaire commencent à pouvoir être interprétés.

Sur l’ensemble de la semaine dernière, le livre publié par Grasset en France a vu ses ventes augmenter de 14 % par rapport au total des sept jours précédents, selon l’Observatoire de la librairie, une émanation du Syndicat de la librairie française (SLF), dont les adhérents pèsent plus des trois quarts du chiffre d’affaires national des librairies indépendantes. Reste maintenant à voir si ce phénomène d’accélération sera durable lors des prochaines semaines.

Un livre qui se vendait déjà avant la polémique

« Chez les lecteurs, il y a vraiment le camp des pour et celui des contre. Certains sont très remontés contre l’auteur et d’autres personnes achètent son livre pour le soutenir car ils estiment que c’est de l’acharnement contre lui, confie une librairie parisienne. Nous, nous avons choisi de moins le mettre en avant par crainte des remarques négatives, mais nous allons continuer de l’exposer sur nos tables et de le vendre. »

Avant même le début de la polémique, le livre « C’était ça ou mourir » était bien parti pour être l’un des ouvrages les plus vendus de cette rentrée littéraire. Lors de la deuxième semaine de septembre, les ventes avaient ainsi déjà bondi de 15 %, sur sept jours, au sein du réseau des librairies indépendantes, d’après l’Observatoire de la librairie.

Plus globalement, le roman s’était écoulé à 43.163 exemplaires entre sa sortie le 19 août et le 20 septembre, selon le panéliste Edistat (1). Un niveau qui le plaçait alors à distance respectueuse de la dernière oeuvre d’Amélie Nothomb, « L’adolescence du perroquet », avec ses 58.188 ventes sur la même période, mais devant d’autres livres très en vue lors de cette rentrée littéraire.

Publiés entre le 12 août et le 20 août, « L’inconnue du quai de Javel » (Flammarion) de Philippe Jaenada, « Nous aussi » (Actes Sud) d’Anne Godard et « Le Palais » (Gallimard) de François-Henri Désérable s’étaient ainsi respectivement écoulés à 33.319, 22.029 et 24.387 unités au 20 septembre, d’après Edistat.

Retiré de la course au Goncourt

Tout juste auréolé du prix du roman FNAC il y a huit jours pour « C’était ça ou mourir », Thélyson Orélien a été visé par des accusations lui reprochant d’avoir écrit son livre en grande partie à l’aide de l’IA générative. Des allégations dont l’auteur se défend. Dans la foulée, l’auteur a aussi été accusé de plagiat lié à des textes publiés au début des années 2010 au Québec.

Au Canada, les éditions du Boréal ont suspendu la tournée promotionnelle de l’ouvrage afin d’« assurer le bien-être » de l’auteur, dont le livre a été exclu, ce vendredi, de la course au prix Goncourt, qui l’avait intégré dans sa première sélection. Pour l’heure, le livre demeure en lice pour le Médicis et le Femina, deux prix littéraires d’automne majeurs.

En attendant, Thélyson Orélien a interrompu sa tournée promotionnelle en France et a regagné le Québec le week-end dernier, selon l’AFP. Dans l’industrie du livre,tout le monde est bouleversé par cette affaire, des libraires aux auteurs en passant par les maisons d’édition.

Lire : Les Echos du 29 septembre

Jean-Philippe Behr

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