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Microsoft enfonce le clou sur la rémunération des médias dans le monde

Le géant américain cherche de nouveaux alliés en Amérique du Nord et en Europe pour les rallier à sa proposition de rémunérer les médias pour leurs contenus.

Microsoft a tenté de rallier l’Amérique du Nord et l’Europe ce jeudi à sa proposition de rémunérer les médias pour leurs contenus, sur le modèle d’un projet de loi australien que Google et Facebook refusent.

Le géant américain de l’informatique avait déjà indiqué la semaine dernière qu’il était prêt à combler le vide que pourrait laisser Google s’il suspendait son moteur de recherche en Australie, en riposte au «code de conduite contraignant» que le gouvernement veut imposer aux grandes plateformes. Cette loi gouvernerait les relations entre des médias traditionnels en grandes difficultés financières et les géants qui dominent internet et captent une part importante des revenus publicitaires. Facebook comme Google ont menacé de suspendre leurs services si le projet australien était mis en œuvre sous sa forme actuelle.

« Difficile de discuter avec une entreprise monopolistique »

« Les gens nous ont demandé si Microsoft soutiendrait des propositions similaires aux États-Unis, au Canada, dans l’Union européenne et d’autres pays. La réponse courte est oui », a déclaré Brad Smith, le président du groupe de Seattle, dans un communiqué publié ce jeudi. L’idée de rémunérer la presse en fonction du trafic que les titres génèrent sur les moteurs de recherche «a été explorée dans certains pays européens, mais avec un succès limité», note-t-il. «La raison c’est qu’il est difficile de négocier avec une entreprise monopolistique. Vous avez une ou deux baleines d’un côté de la table des nations et des douzaines et des centaines de petits poissons de l’autre côté. Cela résulte en des négociations longues et coûteuses qui laissent le menu fretin affamé».

Bing, le moteur de recherche de Microsoft, ne représente que 5% des parts de marché en Australie. Il atteint les 15%-20% sur les recherches sur PC et mobiles aux États-Unis, d’après Brad Smith, et 10%-15% au Canada et au Royaume-Uni. «Mais si nous avons des perspectives réalistes de gagner des parts de marché, nous avons confiance dans notre capacité à construire le service dont les Australiens ont besoin», a-t-il insisté.

Code de conduite

Le code de conduite imaginé par le gouvernement australien exige de Google et Facebook qu’ils négocient avec chaque média une rémunération pour la reprise de leurs contenus. Faute d’accord, un arbitre trancherait. Les plus gros groupes de presse australiens, News Corp et Nine Entertainment, ont estimé que ces compensations devraient s’élever à des centaines de millions de dollars par an.

Google et Facebook, soutenus par le gouvernement américain, ont affirmé que ce projet saperait leur modèle d’entreprise et le fonctionnement même d’internet. «Les États-Unis ne devraient pas s’opposer à une proposition australienne créative qui renforce la démocratie en exigeant des sociétés de la tech qu’elles soutiennent la presse libre. Ils devraient plutôt la copier», a conclu Brad Smith.

Lire : Le Figaro du 11 février

 

Jean-Philippe Behr

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