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Pourquoi l’avenir de l’AMI se prépare maintenant

Ouvert depuis septembre 2018 et fonctionnant en grande partie grâce au mécénat apporté par Jean-Paul Maury, l’atelier-musée de l’imprimerie veut déjà se projeter dans le long terme et associer les collectivités… qui se montrent un peu frileuses.

 

L’atelier-musée de l’imprimerie ouvert en 2018 à Malesherbes est, à tout point de vue, hors-normes. Par ses dimensions et son ambition… et par voie de conséquence, par son budget. L’AMI veut donc d’ores et déjà penser à demain, voire après-demain.

Un musée « Maury-dépendant »

 

À ce jour, les fonds apportés par le PDG, imprimeur et mécène Jean-Paul Maury permettent le fonctionnement et le développement de ce paquebot de la culture nord-loirétaine.

 

Concrètement, les ressources propres du musée (billetterie…) permettent de couvrir le gros de la masse salariale (autour de 300.000 € annuels, le musée employant une douzaine d’équivalents temps-pleins). Le développement du musée, la communication, les expositions temporaires prévues… ne pourraient exister sans le mécénat.

 

Mais Jean-Paul Maury le dit lui-même : « Je ne suis pas éternel ». Autrement dit : s’il n’est plus là, si le mécénat n’est plus là, l’AMI devra s’organiser pour avoir les moyens nécessaires de fonctionner. Et éviter de voir le paquebot couler, faute de plan B.

Une première idée avancée pour l’avenir…

 

Le musée réfléchit donc déjà à son organisation future. L’idée d’un établissement public de coopération culturelle (EPCC) a été soumise, comme piste de travail, à la Région, au Département et aux différentes communautés de communes du Nord-Loiret.

 

Un EPCC ? Il s’agit d’une organisation qui permet d’associer plusieurs collectivités pour l’organisation et le financement d’une structure culturelle. Assurant ainsi à ladite structure des moyens sur le long terme.

… mais des collectivités parfois frileuses

 

Le Département, la communauté de communes du Pithiverais et celle de la Plaine du Nord-Loiret ont tous rejeté ces derniers jours l’idée de s’intégrer dans un EPCC. Un peu effrayés, peut-être par les montants avancés (en tout, 450.000 € seraient à trouver pour le fonctionnement partagé entre État, Région, Département et autres collectivités).

 

Il ne s’agit pas, pour autant, de mettre la main à la poche dans l’immédiat, assure Jean-Marc Providence, le directeur de l’AMI : « On est dans une démarche prospective. C’est un premier tour de table, il ne s’agit pas du tout de dire “Donnez-nous vite des sous” ».

 

Certains élus ont tout de même émis l’idée que, si les moyens venaient à manquer, il faudrait plutôt « réduire la voilure ».  « On souhaite que le projet de l’AMI soit mieux défini, plus adapté à la réalité du terrain », a avancé le président du Département Marc Gaudet, lors du dernier conseil communautaire du Pithiverais. Alain Di Stefano, maire de Yèvre-le-Châtel, se fendant lui d’un lapidaire: « Les deniers des contribuables ne sont pas faits pour financer des puits sans fond ».

Pas de souci à court terme

 

Malgré les réactions parfois sèches à cette première idée, la vie du musée à court terme n’est pas menacée et ses projets continuent de se dérouler : une première expo temporaire est prévue pour avril 2020 dans un nouvel espace de 1.000 m², une deuxième saison culturelle est en préparation…

 

Bref, la première approche de l’AMI, quant à son financement futur, n’est pas un appel à l’aide mais « a simplement vocation à préparer l’avenir », résume Jean-Marc Providence.

 

Lire : La République du Centre du 5 juillet

 

Jean-Philippe Behr

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