Devant le tribunal de commerce de Toulouse, le ministère public a requis une prolongation temporaire de l’activité pour permettre à un papetier portugais de structurer son offre. Mais l’avenir du dernier fabricant français de pâte à papier reste incertain.
C’est un nouveau sursis pour le fabricant de pâte à papier Fibre Excellence, en redressement judiciaire depuis fin avril. La représentante du ministère public a requis ce mardi une prolongation de l’activité de trois mois devant le tribunal de commerce de Toulouse, pour permettre aux repreneurs de détailler leur offre. Les délégués syndicaux sont repartis soulagés de l’audience. Fibre Excellence ne possède plus qu’une usine de 270 salariés à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), fermée depuis la mi-avril. Celle de Tarascon (Bouches-du-Rhône) a été liquidée fin juillet.
Le tribunal, qui se prononcera le 15 septembre, devrait accorder ce nouveau délai de trois mois après le dépôt d’une offre de reprise de la région Occitanie, via son Agence régionale des investissements stratégiques (Aris). Cette offre s’appuie sur un nouvel investisseur, un fabricant portugais de pâte à papier et de produits d’hygiène non dévoilé, qui a visité l’usine début septembre. Il a envoyé une lettre d’intention le dernier jour de dépôt des offres et demande un délai pour structurer sa proposition.
Dans le projet de reprise figure aussi parmi les potentiels actionnaires minoritaires le fabricant de produits d’étanchéité et d’isolation du bâtiment Soprema à Strasbourg, qui souhaite utiliser les copeaux de bois et la chaleur de l’usine pour fabriquer des produits d’isolation en cellulose sur le site. A l’origine, le conseil régional présentait Soprema comme le possible repreneur mais celui-ci ne connaissant pas la fabrication de pâte à papier, c’est finalement l’Aris qui porte le projet de reprise en attendant de trouver un papetier. L’Alliance Forêt Bois participerait aussi au capital comme minoritaire pour maintenir les débouchés de la filière forestière.
Pas de nationalisation
Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie et ancienne maire de Martres-Tolosane (Haute-Garonne), non loin de Saint-Gaudens, se bat depuis des mois pour éviter la fermeture. Le 2 septembre, elle a demandé à Emmanuel Macron la « nationalisation temporaire » de l’usine pendant quatre mois en attendant que le repreneur bâtisse son offre, avec des participations de l’Etat et de la région de 15 et 13 millions d’euros. La région a prévu un plan de 91 millions d’euros, dont 31 millions pour le redémarrage de l’usine et 60 millions pour la diversification dans la pâte à papier fluff pour les couches, à meilleure valeur ajoutée. L’usine souffre de la hausse du prix du bois de 50 % depuis trois ans.
« Une nationalisation n’est absolument pas une réponse pertinente à la situation que chacun connaît », lui a répondu le ministre de l’industrie, Sébastien Martin. Mais le gouvernement a accepté d’apporter 2 millions à Fibre Excellence d’ici au 30 septembre pour permettre la prolongation temporaire d’activité. De son côté, la région accordera 3,5 millions d’euros d’ici au 1er décembre. Le ministre a demandé « des engagements précis » aux porteurs du projet de reprise, notamment des « preuves des fonds disponibles », le « nombre d’emplois repris » et un « calendrier de redémarrage ».






































