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Innover encore pour l’économie circulaire : l’exemple de la glassine

Que ce soit par ses matières premières ou ses sources d’énergie, l’industrie papetière constitue déjà un cas exemplaire d’économie circulaire. En matière de recyclage, plus particulièrement, le taux atteint par l’industrie papetière en France est très élevé depuis des années – il était de 87% en 2024 selon les statistiques publiées par COPACEL. Pourtant, la filière poursuit ses efforts pour innover et progresser encore.

Le cas de la glassine est ainsi un exemple remarquable d’innovation. Ce papier siliconé est utilisé comme support des étiquettes autoadhésives. Dans le domaine industriel, après que l’étiquette a été apposée sur le produit, ce support a longtemps été considéré comme un déchet difficile à valoriser. La difficulté reposait non seulement dans le fait de lui trouver un usage, mais aussi de réussir à collecter ces quantités diffuses, réparties chez de multiples industriels. C’est chose faite, comme nous le montre le cas de Soprema.

À Beaune, en Côte-d’Or, l’entreprise prépare l’ouverture d’une usine flambant neuve qui, d’ici fin 2025, produira de la ouate de cellulose issue de la glassine. Ce matériau, très apprécié pour ses performances d’isolation thermique et acoustique, est utilisé notamment dans les combles perdus. Jusqu’ici fabriquée à partir de papier recyclé, la ouate de cellulose souffrait d’un approvisionnement incertain. La glassine représente donc une alternative stratégique.

Le groupe strasbourgeois, leader français de l’isolation biosourcée, a investi 30 millions d’euros dans cette unité, avec le soutien de l’Ademe. L’usine emploiera une trentaine de salariés et sera capable de produire jusqu’à 25.000 tonnes par an. Ce développement s’appuie sur cinq années de recherche et sur un procédé innovant, mécanique et sans chauffage, mis au point dans l’usine pilote de Cestas, en Gironde.

Pour sécuriser ses flux de matière, Soprema a tissé un vaste réseau d’approvisionnement : 800 contrats ont été conclus avec des industriels, allant des metteurs en bouteille aux fabricants de fromages. Chaque année, environ 50.000 tonnes de glassine sont générées en France, dont la majorité est encore enfouie ou incinérée. Désormais, une part croissante de ces déchets trouvera une valorisation utile, évitant leur destruction et contribuant à la transition écologique.

Avec ce projet, l’industrie papetière démontre sa capacité à innover et confirme son engagement à développer des solutions durables, transformant un gisement de déchets en ressource précieuse pour le bâtiment et l’environnement. Cet exemple est d’autant plus remarquable que l’usage final de la ouate de cellulose est l’isolation, limitant ainsi les consommations d’énergie dans le bâtiment, un des principaux postes d’émission de gaz à effet de serre en France.

Lire : Two Sides du 16 septembre

Jean-Philippe Behr

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