Avec une trésorerie fragilisée par le remboursement précoce de son PGE et des baisses de commandes drastiques en 2024, la société a été mise en redressement judiciaire.
En difficulté de trésorerie, Pocheco a été mis en redressement judiciaire en février après une cessation des paiements, un de ses principaux fournisseurs ayant cessé son approvisionnement devant des échéances non honorées. La production de l’usine du fabricant d’enveloppes est à l’arrêt.
Les repreneurs potentiels avaient jusqu’à ce lundi pour faire une offre globale ou partielle. Plusieurs se sont déjà manifestés. Le tribunal de commerce, qui n’a pas fixé de période d’observation, se prononcera le 11 mars sur l’avenir de la société. Basée à Forest-sur-Marque (Nord), près de Lille, Pocheco a réalisé l’an dernier 10 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 80 salariés et une production de 600 millions d’enveloppes. Mais la PME accuse un déficit de 2 millions d’euros.
Effets concomitants
La société est victime de plusieurs effets concomitants. En 2022, elle a fait le choix de rembourser intégralement un PGE d’1,6 million contracté pendant le Covid, ce qui a affaibli sa trésorerie. « Je ne voulais pas être en dette avec l’Etat », confie Emmanuel Druon, qui a repris Pocheco en 2008.
Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, ses clients, inquiets des risques de hausse des coûts de l’énergie et de peur de rupture dans l’approvisionnement de leurs enveloppes, « ont passé des commandes historiques ». Mais, en contrecoup, ils ont énormément déstocké en 2024, diminuant drastiquement leurs commandes. Le chiffre d’affaires a fortement chuté et plongé la société dans le déficit.
L’entreprise avait mis en place un plan de redressement progressif des comptes passant des accords avec ses prestataires. Mais, à la suite d’une réorganisation interne, son principal fournisseur a brutalement rompu ces accords et cessé toutes livraisons.
Un démonstrateur
« Depuis douze mois, notre excédent brut d’exploitation est à l’équilibre tous les mois ; le rebond était en cours », assure Emmanuel Druon : « Nous avons engrangé il y a un an deux gros nouveaux clients et, selon nos perspectives, nous devions revenir progressivement à l’équilibre pour atteindre un résultat net d’un million d’euros fin 2027. »
Le chef d’entreprise table, dans un dernier espoir, sur l’obtention rapide d’un financement à court terme pour débloquer la situation, lui laissant le temps de préparer un plan de redressement, maintenant que les dettes sont gelées grâce au redressement judiciaire. Il espère que le tribunal de commerce lui donnera un peu de répit, « permettant aux repreneurs de travailler leur offre ».
Sa plus grande crainte serait une mise en liquidation de cette entreprise fondée en 1928, dernier fabricant indépendant d’enveloppes en France, mais aussi de son démonstrateur d’« écolonomie », un modèle mettant l’économie au service de l’écologie. Son bureau d’études conseil, créé en interne, réalise 60 dossiers de préconisations par an auprès d’entreprises ou collectivités.






































