Si notre connaissance du changement climatique s’affine et que la question semble lasser, le rayon nature, dont les ventes accusent un très net recul, montre au contraire une spécialisation tous azimuts du lectorat pour les questions liées à la nature et à l’environnement, sous toutes leurs formes.
C’est un très vieux couple qui a longtemps vogué sur un fleuve tranquille. Les livres et la passion pour la nature sont presque apparus en même temps et ont intriqué leur histoire, dès le XVe siècle, autour de découvertes mutuelles, amenant l’édition à déployer des savoir-faire visuels – planches botaniques et encyclopédiques, par exemple – et la nature à se laisser nommer, dessiner, photographier à toutes les échelles dans de grands livres d’histoire naturelle, des herbiers ou encore des bestiaires. Le mot d’ordre, pendant des siècles, était « émerveillement ».
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Mais en l’espace d’une décennie, ce couple a traversé une zone de turbulences inédites. Entre 2015 et 2025, le rapport à la nature s’est politisé et notre vocabulaire a changé : nous disons désormais « le vivant ». D’après Sandrine Treiner, directrice éditoriale chez Flammarion, « c’est le vrai changement de notre époque. On ne peut plus voir la nature avec notre innocence d’antan, en la considérant comme inférieure à nous. On a troqué l’émerveillement vis-à-vis de la planète pour un rapport inquiet et coupable à son égard. Et c’est tant mieux, je trouve ce nouveau regard très stimulant. Mais comment retrouver une forme d’enchantement, au-delà de l’anxiété ? »….






































