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Paprec met le pied en Italie et accélère en Europe

Le groupe familial, spécialisé dans la gestion des déchets, prend pied en Italie du Nord, à la faveur de la prise de contrôle d’une PME familiale. Paprec prépare d’autres implantations européennes. Et s’apprête à franchir la barre des 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Après l’Espagne, la Suisse, la Pologne, l’Angleterre et l’Ecosse, Paprec étend un peu plus sa couverture européenne. Le groupe familial, spécialisé dans la gestion des déchets (qui a réalisé 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier, en hausse de 17 %), a annoncé mardi son implantation en Italie à la faveur d’une prise de participation à hauteur de 70 % au capital d’une petite société familiale milanaise, Convertini, pour environ 15 millions d’euros.

Créé en 1984, ce spécialiste de la gestion des déchets industriels (actif dans la collecte , le tri, le recyclage) opère auprès d’une clientèle diversifiée et bénéficie d’un ancrage solide en Italie du Nord. Si sa taille peut paraître modeste avec 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et 80 employés, Convertini, dont Paprec prendra formellement le contrôle en avril, constitue un point d’entrée au « coeur industriel » de l’Italie, souligne le PDG du groupe français, Mathieu Petithuguenin.

Opportunités

« L’économie italienne se porte bien. Contrairement à autrefois, le pays est aujourd’hui stable politiquement. Sa législation se transforme et va vers plus de recyclage. Notre projet est de développer nos métiers dans les déchets industriels en Italie du Nord en nous appuyant sur Convertini qui était, de son côté, à la recherche d’un partenaire », explique le PDG de Paprec.

Ce dernier souligne aussi des « opportunités » en matière de croissance externe du fait de l’existence de « nombreuses PME familiales, au chiffre d’affaires de l’ordre de 10 millions à 50 millions d’euros, qui peuvent être, de surcroît, confrontées à un problème de succession ».

Cette arrivée de Paprec en Italie du Nord n’est pas sans rappeler la percée déjà effectuée par Séché Environnement ces dernières années. Ce dernier vient d’ailleurs d’y renforcer son dispositif avec l’acquisition d’un centre de stockage de déchets non dangereux, élargissant ainsi son offre dans le traitement des déchets industriels.

De son côté, Suez a renforcé, il y a un peu plus d’un an, ses activités de gestion et de valorisation des déchets industriels dans la péninsule avec la prise de contrôle de Gruppo Ecosistem, actif en Calabre, Basilicate et en Sicile mais aussi en Lombardie et Abruzzes au travers de participations.

D’autres pays

Au-delà de l’Italie du Nord, l’initiative de Paprec illustre sa volonté d’accélérer son développement à l’international. « Nous envisageons d’ouvrir d’autres pays en 2026. L’idée est de nous implanter avec l’un de nos métiers », déclare Mathieu Petithuguenin, qui assure que son groupe va aussi se développer par croissance organique. A titre d’exemple, en Angleterre, où il a démarré avec la valorisation énergétique de déchets, Paprec compte désormais se placer sur ses marchés du recyclage.

A coup sûr, le groupe s’achemine déjà vers une forte hausse de ses revenus hors de France en 2026, la dynamique étant plus ou moins soutenue selon la matérialisation des projets de croissance externe. Mathieu Petithuguenin table ainsi pour 2026 sur un chiffre d’affaires à l’international compris entre 800 millions et 1 milliard d’euros, après 600 millions en 2025 – dont 300 millions en Espagne et 200 millions en Suisse -, et 500 millions en 2024. Globalement, le PDG de Paprec prévoit un chiffre d’affaires groupes d’« au moins 4 milliards » d’euros pour cette année, sachant que celui-ci est également alimenté par la croissance externe en France.

Métaux

Pour mémoire, Paprec s’apprête à prendre le contrôle de Pizzorno Environnement, sous réserve de l’approbation des autorités réglementaires. De même, le début de l’année est notamment marqué par le rachat d’Alsarec, un acteur du recyclage des câbles et métaux (qui réalise près de 50 millions de revenus).

On voit par-là que Paprec veut aussi peser dans le domaine du recyclage des métaux avec une trentaine d’agences en France et un chiffre d’affaires annuel de 500 millions d’euros. Cet axe de développement vaut d’ailleurs pour l’international également. En Suisse, le groupe vient en effet d’absorber un spécialiste, Multimetall (une trentaine de millions d’euros de revenus).

Lire : Les Echos du 17 mars

Jean-Philippe Behr

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