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Gibert Joseph demande la protection du tribunal de commerce pour se concentrer sur les livres d’occasion

Le groupe Gibert Joseph, premier libraire indépendant de France, a demandé une procédure de redressement. Le groupe familial de 140 ans cherche un peu d’air pour pouvoir relancer son activité autour de l’occasion.

L’avenir de l’un des symboles du Quartier latin est désormais entre les mains du tribunal des activités économiques de Paris. Ce lundi, le groupe Gibert a publié un communiqué indiquant avoir sollicité la protection de ce dernier afin d’ouvrir une procédure de redressement. Le temps pour le groupe familial d’opérer sa transformation principalement autour du livre d’occasion.

Depuis plusieurs années, les 3.500 libraires indépendants en France résistent mal à la crise du livre et la concurrence d’Amazon, contre lequel ils mènent une bataille judiciaire. Le premier d’entre eux, le groupe Gibert, décrit « un effet ciseau » bien connu entre « l’explosion de ses coûts fixes (loyers, énergie…) et le déclin du marché des livres neufs avec une compression des marges ».

Virage vers l’occasion

Le groupe Gibert, qui a réalisé 86 millions de chiffre d’affaires en 2025, compte 16 points de vente et 500 salariés dans 12 villes en France (Lyon, Marseille, Versailles, Toulouse…). Pour assurer sa pérennité, le groupe mise sur un « virage stratégique » autour du livre d’occasion. Un produit dont il est pionnier pour le commercialiser depuis ses débuts il y a 140 ans.

Avec +10 % de croissance, le marché du livre d’occasion est jugé beaucoup plus porteur que le livre neuf, en décroissance (-6 % au premier trimestre 2026). Il offre également « une meilleure maîtrise de la chaîne de valeur et des marges ». Gibert annonce ainsi vouloir doubler la part des livres d’occasion dans ses ventes en passant de 30 millions d’euros en 2025 à 60 millions à horizon 2029.

Pour cela, le groupe a changé son prestataire logistique l’an dernier et travaille désormais avec ID Logistics. Ce spécialiste de la supply chain lui permettra de développer un modèle d’affiliation, en ouvrant sa plateforme à d’autres libraires qui voudraient développer l’occasion.

En France, Gibert devra affronter la concurrence de l’allemand Momox, qui a annoncé ce lundi avoir réalisé 57 millions de chiffre d’affaires en France l’an passé, et près de 400 millions d’euros au total en Europe.

« La période que nous connaissons tous est complexe, mais nous avons de vrais atouts pour réussir notre projet de transformation. Gibert est une marque forte au savoir-faire solide, qui a toujours su se réinventer au gré des crises qui ont traversé son histoire depuis 1886 », explique dans son communiqué le groupe familial, présidé par Tony Morcet.

Quid des magasins ?

Quid des boutiques ? En 2021, le groupe avait déjà clôturé un chapitre emblématique de son histoire en fermant ses quatre boutiques parisiennes Gibert Jeune. Le magasin du 13e arrondissement de Paris devrait fermer en juin 2026. En novembre dernier, le groupe avait ouvert dans la capitale Gibert Romance, consacré à ce genre qui a connu de belles années de croissance, avant un trou d’air en 2025. Le groupe compte encore cinq magasins à Paris.

Le tribunal de commerce de Paris doit rendre sa décision mardi 28 en fin de journée. Si la mise sous protection est validée, cela entraîne automatiquement un gel de sa dette et une garantie sur les salaires. Dans ce type de cas, les décisions peuvent porter sur une période de six mois, renouvelable.

Lire : Les Echos du 27 avril

Jean-Philippe Behr

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