Après une embellie inattendue au sortir du Covid, les fermetures de magasins s’accélèrent.
Tout un symbole. Au 10 de la place Saint-Michel à Paris, un restaurant de burgers occupera bientôt l’une des principales adresses de Gibert Jeune. Le groupe de librairies emblématique du Quartier latin, en difficulté depuis plusieurs années, a été placé en redressement judiciaire en avril. Un mois plus tard, il a été rejoint par le groupe Nosoli (Furet du Nord, Decitre) et ses 27 magasins. D’autres grandes librairies, comme Sauramps, à Montpellier, pourraient suivre. Il ne s’agit pas d’un trou d’air passager pour la librairie indépendante : le secteur « a besoin d’une aide urgente et massive », a alerté le Syndicat de la librairie française (SLF), qui compte plus de 800 adhérents, lors des dernières rencontres annuelles de la profession à Rennes. « Les trois plus grandes chaînes de librairies sont en redressement judiciaire, des petites librairies ferment en silence, mais rien ne vient », a dénoncé la présidente du syndicat, Alexandra Charroin-Spangenberg, en ouverture de la manifestation.
L’euphorie des années post-Covid, qui avait vu les ventes de livres bondir de 20 % et les ouvertures de librairies se multiplier, appartient au passé. Depuis janvier, les ventes de livres en magasin ont reculé de 3 % en moyenne ; 20 % des librairies enregistrent une baisse de chiffre d’affaires supérieure à 10 %. Les libraires indépendants, qui oscillent entre 1 et 2 % de marge…






































