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Le Musée du papier peint rouvre enfin au public et se raconte dans une nouvelle expo

Fermé au public depuis octobre 2023 pour cause de chantier des collections, le Musée du papier peint a rouvert au public jeudi 16 juillet avec une nouvelle exposition : « Une collection, trois points de vue. Préserver, raconter, révéler. » Un résumé de la richesse de la collection rixheimoise et une explication du grand chantier en cours.

Le 23 octobre 2023, le Musée du papier peint de Rixheim fermait ses portes au public pour une durée indéterminée. Impacté par le grand chantier de restauration du bâtiment de la Commanderie, le musée s’engageait dans le même temps dans un vaste déménagement, celui de ses réserves.

Rouleaux, documents à plat, catalogues, dormants, paravents… : tout devait quitter les combles – en vue de la restauration de la charpente – et intégrer l’Annexe, le nouveau bâtiment voisin, où les conditions de conservation sont optimales. L’occasion aussi de nettoyer, de reconditionner, d’inventorier-recoler chaque objet. Un travail de titan, qui a largement occupé le personnel du musée depuis fin 2023.

Et s’il n’est pas tout à fait terminé, ce travail est suffisamment avancé pour que le musée puisse à nouveau s’ouvrir au public. « En volume, le plus gros est parti », assure Cécile Vaxelaire, assistante scientifique et chargée de collection. Et comme il y a eu un décalage dans le calendrier de la rénovation de la Commanderie [c’est l’aile de la manufacture Zuber, en face du musée, qui sera finalement la prochaine en chantier], il était temps pour le musée de se rappeler au bon souvenir du public, de « réaffirmer que la collection est là », selon la formule de la responsable.

Un nouvel éclairage, mais pas de rénovation en profondeur

Jeudi 16 juillet, l’établissement a donc – enfin – rouvert ses portes. Que le public ne s’y trompe pas, il ne trouvera pas les lieux transfigurés. Seul l’éclairage a été changé. « Nous sommes passés d’un jaune néon des années 1980 à une lumière blanche, en led, bien meilleure pour la conservation des papiers peints, mais aussi pour faire ressortir les couleurs », se félicite Cécile Vaxelaire.

Mais pour un vrai coup de neuf sur la muséographie, il faudra attendre encore quelques années. Par ailleurs, les pièces les plus fameuses de sa collection, les panoramiques, manquent à l’appel pour cette réouverture : la salle qui leur est dédiée est en travaux et deux d’entre eux, les plus précieux, ont été déposés fin 2022.

Mais ces œuvres spectaculaires ne constituent en fait qu’une infime partie du fonds rixheimois. « Nous sommes souvent associés à ces seuls panoramiques alors que nous avons la deuxième collection de papiers peints en France après celle du Musée des arts décoratifs à Paris », rappelle Cécile Vaxelaire.

Qui dans un nouvel accrochage occupant tout le premier étage, rend hommage à cette richesse. Avec tout de même, pour accueillir les visiteurs sur le palier, 8 des 16 lés des Vues de Suisse, panoramique Zuber de 1804. Et, toujours, l’impressionnante salle des machines au rez-de-chaussée.

Cécile Vaxelaire : « Faire comprendre pourquoi nous avons été fermés »

« Pour la réouverture, nous avons voulu aussi faire comprendre pourquoi nous avons été fermés », indique l’assistante scientifique. L’exposition s’ouvre donc sur une explication du chantier des collections : ce qui a été fait, ce qu’il reste à faire. Puis, en quelque 150 objets, l’accrochage déroule une histoire du papier peint – cet art à la portée de tous les murs – avec ses grandes techniques et ses tendances au fil du temps. Côté droit, un récit chronologique, tandis qu’à gauche, l’exposition prend des chemins de traverse et dédie des espaces aux couleurs : vert, rose, bleu, du noir au blanc.

Irisés, gaufrés, frappés or…

La visite permet de découvrir le document sans doute le plus ancien du musée, un papier dominoté (vers 1720) de l’atelier Fourcroy de Paris. Une technique remise au goût du jour, le dominoté, comme le montrent les cartes à jouer de l’atelier Antoinette Poisson (2015). Les papiers peints capitonnés du Second Empire (bluffants trompe-l’œil), les fameux irisés Zuber, les faux damas en tontisse, les somptueux décors en arabesque, les lambris néoclassiques, les flocages, gaufrages, « frappés or », mais aussi les faux unis du XXe siècle que le public est invité à scruter à la jumelle : ordinaires ou exceptionnels, tous les types de décors sont exposés.

4 €

C’est le prix d’entrée plein tarif au Musée du papier peint qui, depuis janvier 2023, est directement géré par la Ville de Rixheim. Le tarif réduit est à 2 €, et l’entrée est gratuite pour les – de 18 ans.

Une salle confronte impression à la planche et impression mécanique – arrivée à Rixheim en 1851 -, deux techniques qui vont « coexister pendant longtemps et proposer le même type de motifs », note Cécile Vaxelaire. Qui a également mis en lumière un exemple d’« archéologie » du papier peint, soit toutes les couches de papier superposées et décollées du mur d’un appartement de la rue du Capitaine-Dreyfus à Mulhouse. Comme un raccourci du temps et des modes qui passent.

Pas d’arsenic dans les papiers Zuber !

Pour conclure, l’exposition présente des documents historiques : publicités, lettres, communiqués parfois étonnants, comme celui de la manufacture Zuber se vantant en 1880 de l’absence d’arsenic dans ses produits. Preuve que les scandales sanitaires ne datent pas d’hier ! Et sur le mur du fond, cinq papiers de différentes époques sont destinés à servir de toile de fond aux visiteurs pour des photos.

Pour sa réouverture, le Musée du papier peint invite à s’immerger dans le décor.

Musée du papier peint, 28 rue Zuber à Rixheim. Tél. 03 89 64 24 56. Ouvert de 13 h à 18 h du mercredi au vendredi, de 10 h à 18 h samedi et dimanche. Fermé les lundis et mardis ainsi que les 1er janvier, Vendredi Saint, 1er mai et 25 décembre. Renseignements et réservation : musee.papier.peint@orange.fr

Le chantier n’est pas tout à fait terminé

Dans le grand déménagement des réserves du Musée du papier peint, le plus gros a été réalisé avec 84 % des objets passés des combles de la Commanderie au nouveau bâtiment de l’Annexe. 17 452 objets (soit 47 %) ont fait l’objet d’un traitement par des prestataires, 13 776 (soit 37 %) ont été traités en interne. Reste 6 272 objets à déménager, soit 16 %.

Albums modernes, documents à plat, monté sur toile, fonds Zuber et hors format, documents à plat divers pourront être traités en interne. 1 982 autres, plus délicats, comme des panneaux hors format roulés, les rouleaux spéciaux, les paravents, coffre, objets divers et dormants mis en quarantaine (pour cause de moisissures) feront l’objet d’un chantier plus complexe.

Lire : L’Alsace du 22 juillet

Jean-Philippe Behr

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