Les data centers sont le symbole de la lutte anti-IA. L’industrie fait valoir ses efforts pour réduire son empreinte.
Les coups de pelle et de pioche n’ont pas démarré. Mais à Fouju, commune de Seine-et-Marne située à une dizaine de kilomètres de Melun, tout le monde ne parle que de ça. Sur une ex-surface agricole de 90 hectares bordée au sud par l’autoroute A5, le village de 600 habitants s’apprête à accueillir dans les prochaines années une infrastructure d’un nouveau genre.
Campus IA, c’est son nom, est annoncé comme le plus grand projet de centre de données d’intelligence artificielle d’Europe. Cette parcelle verra s’ériger en moins de dix ans onze data centers hauts de 20 mètres, remplis de baies de serveurs où vont bourdonner des centaines de milliers de puces informatiques. S’y adosseront 613 groupes électrogènes pour assurer une alimentation à tout instant, dans des bâtiments surmontés de cheminées pouvant culminer jusqu’à 30 mètres. À plein régime, Campus IA consommera 10 TWh par an. Soit douze fois ce que la communauté de communes Brie des Rivières et Châteaux, où sera situé le campus, engloutit chaque année.
Niché à 50 km au sud-est de Paris, dans un secteur très rural, ce projet à 50 milliards d’euros qui vient de recevoir l’avis favorable de la commission d’enquête publique ne laisse personne indifférent. Il a ses soutiens, comme Christian Poteau, président de la communauté de communes. « Nous sommes ravis de voir s’implanter un tel projet ici », déclarait-il récemment à une radio locale. Et ses détracteurs, à l’image Jean-François Dupont, administrateur de la section locale France Nature Environnement (FNE). « Ce qui nous inquiète, c’est le gigantisme du projet, explique ce retraité au Figaro. Il y a des enjeux de consommation des terres, d’emprise au sol, de biodiversité, de dégagement de chaleur fatale, de nuisances sonores mais également des risques de fuites de Pfas ou de gaz à effet de serre. »…






































