e à la montée en puissance de l’intelligence artificielle ? La question est récurrente depuis maintenant quelques années. Une enquête de l’ANDRH, l’Association nationale des directeurs des ressources humaines, révèle des signaux inquiétants.
Les résultats de cette enquête de l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), menée auprès de 220 DRH dans tous les grands secteurs d’activité, le montrent : l’intelligence artificielle a déjà des effets négatifs sur l’emploi des jeunes.
10 % des responsables du personnel indiquent avoir réduit les recrutements de juniors et d’alternants et près d’1 % les ont arrêtés, spécifiquement du fait de l’IA. “Ce n’est pas un raz-de-marée, mais c’est un signal inquiétant” selon Audrey Richard, la présidente de l’ANDRH. D’autant qu’en parallèle, 22 % des DRH réfléchissent à diminuer ces recrutements.
L’IA rend difficile la quête du premier emploi pour les jeunes diplômés
C’est le cas de Matia, 25 ans, ingénieur en informatique. Il pensait être sur une voie royale lorsqu’il est sorti de son école il y a tout juste un an. Mais, depuis, il enchaîne les déconvenues. Le grand groupe dans lequel il effectuait son stage de fin d’études a gelé toutes les embauches. Il a ensuite cherché un emploi pendant 6 mois, sans succès.
Matia a finalement trouvé un job dans une start-up pour développer des applications mobiles. Un CDD de 6 mois, payé au Smic, bien loin du salaire qu’il imaginait. Pour l’heure, il n’a aucune garantie de passer en CDI. Le jeune ingénieur impute ses difficultés à l’intelligence artificielle, capable de réaliser une partie des tâches normalement dévolues aux juniors. Et il n’est pas le seul dans sa promotion, dit-il, à rencontrer des difficultés.
Dans les métiers de conseil, 20 % des tâches des juniors déjà automatisables
Les entreprises peuvent-elles se passer d’une génération de juniors ? “Ce serait une erreur car les entreprises ont besoin d’assurer la relève” estime Axelle Paquer, qui dirige la commission métier du Syntec, le syndicat patronal des sociétés de conseil.
Mais la proportion des recrutements des jeunes diplômés est questionnée, dit-elle, car les activités qui leur sont confiées sont déjà modifiées par l’IA. “Dans les métiers du conseil, par exemple, près de 20 % des tâches des juniors sont désormais automatisables et la moitié peuvent être augmentées par des outils d’IA”, selon une cartographie réalisée cet été.
Le nerf de la guerre, c’est de les accompagner dans ce basculement affirme Axelle Pasquer. Or, à ce stade, 41 % des DRH interrogés n’ont pas redéfini les parcours des jeunes quand leurs missions disparaissent avec l’IA.






































