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Hachette, aventure éditoriale hors du commun, fête ses 200 ans

Du 13 au 15 mars, Hachette Livre célébrera ses 200 ans. Avec une histoire riche où l’on croise Jules Verne, la comtesse de Ségur. En deux siècles, la petite librairie scolaire du Quartier latin est devenue un géant mondial de l’édition.

Qui eût parié, en 1826, sur ces deux fragiles entreprises de papier ? Les voici pourtant fortes de deux siècles d’existence. La première, Le Figaro, eut ses condottières de plume, Maurice Alhoy et Étienne Arago. La seconde, Hachette, dut son ascension à un jeune homme de 26 ans, méthodique et audacieux : Louis ­Hachette. Né avec le siècle, celui que l’on surnommerait plus tard « l’empereur de l’édition » fut d’abord un professeur raté. Manqua-t-il de soutien ? Sa mère se fit engager comme lingère à Louis-le-Grand afin de lui en ouvrir les portes. De discipline ? Il fut reçu rue d’Ulm. Mais la suppression brutale de l’École normale supérieure, le ministre Corbière prétextant la « décadence des études », l’oisiveté et « l’esprit de sédition » supposément à l’œuvre, priva les élèves de l’agrégation et les somma de se réorienter. Louis ­Hachette était de ceux-là. Ainsi devint-il éditeur.

Le 17 août 1826, Jacques-François Brédif lui cédait le modeste fonds de sa librairie de la rue du Battoir-Saint-André. Louis l’acheta près de 14 000 francs : il y avait là 600 volumes, rangés dans une ancienne salle à manger, et 6 titres édités seulement, dont 2 traités de rhétorique et une poussiéreuse traduction des Catilinaires de Cicéron. Il déménagea l’ensemble à un jet de pierre de là, rue Pierre-Sarrazin, sinueuse voie médiévale à l’ombre d’une tourelle du XVIe siècle. L’endroit était stratégique, certes, mais déjà bien saturé. Les annuaires ne recensaient-ils pas à l’époque près de deux cents libraires dans le seul Quartier latin ? Ces derniers n’avaient pas attendu le normalien pour se disputer la clientèle très fournie des étudiants et professeurs de la Sorbonne et alentours. Honoré de Balzac, son aîné d’un an, s’y brûla les ailes, tentant l’aventure d’une imprimerie – ruine qui le précipitera en littérature pour éponger ses dettes…

Lire Le figaro du 10/3/27 page 15

Pascal Lenoir

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