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Hamelin, leader européen de la papeterie, confronté à un doublement du prix du papier

Vous l’avez peut-être remarqué en cette rentrée : le prix des cahiers a augmenté, une hausse comprise entre 15 et 25 %. La raison ? Le coût du papier qui a été multiplié par deux ces derniers mois ! Chez le caennais Hamelin, leader européen de la papeterie, on s’adapte pour contenir les prix.

Hamelin, entreprise fondée en 1864 par Ernest Hamelin rue Guillaume le Conquérant à Caen, a bien grandi depuis : le groupe est aujourd’hui leader européen de la papeterie scolaire. Il emploie 2500 salariés dans 19 pays, dont 500 dans l’agglomération caennaise, pour un chiffre d’affaires annuel de 400 millions d’euros. Rien que dans l’usine caennaise, ce sont 150 à 200 millions d’articles qui sont produits chaque année. Rencontre avec le Directeur général d’Hamelin, Martial Ardant.

Cette rentrée est particulière parce qu’on parle beaucoup aujourd’hui des cours des matières premières. Le papier, évidemment, en fait partie. Vous avez ressenti cette hausse ces derniers mois ?

Oui, il y a eu une forte tension sur le papier, on ne parle pas de pénurie, mais de très forte hausse des cours du papier puisqu’il a plus que doublé en l’espace d’un an. Et effectivement, on a répercuté une partie de ces hausses dans le prix de nos produits. La hausse est de 15 à 25%, ce qui est bien en dessous des hausses que nous avons subi. Néanmoins, il faut relativiser. Le prix d’un cahier tourne autour de 2 €, ce n’est pas beaucoup par rapport à toute la connaissance et le savoir qu’on peut y intégrer ! C’est presque une année d’un enfant qu’on met dans un cahier.

Malgré tout, pour une rentrée, 15 à 25 % d’augmentation, c’est beaucoup.

C’est quelques centimes. On parle d’une hausse comprise entre 0,30 et 0,50 €.  Et rappelons que le coût du papier, c’est entre 50 et 80 % d’un produit. Par conséquent, nous allons devoir répercuter une partie encore de hausse sur les prochains mois.

Vous avez une idée de ce que cette hausse peut représenter ces prochains mois ?

Pas encore. On pense qu’effectivement ce sera une hausse à deux chiffres. Néanmoins, il faudrait qu’on y voit plus clair sur la crise de l’énergie, qui aura certainement un impact sur le cours des matières premières dans l’industrie papetière. Faire du papier, c’est extrêmement énergivore. Nous, on est transformateurs. Donc l’impact, il est surtout en amont chez ceux qui font le papier. Néanmoins, la fabrication aussi consomme de l’énergie et a un impact sur les coûts.

Justement, le gouvernement dit il faut réduire de 10 % la facture d’énergie. Comment réagissez-vous ?

Comme tout particulier, les entreprises devront faire attention. Nous, on a un certain nombre de plans de passage au LED, on essaye d’utiliser les heures creuses, de faire attention effectivement à tout gâchis qu’on pourrait avoir sur la consommation d’énergie. Les plans seront sur cette prochaine année. Pour nous, les coûts majeurs sont ceux de la matière première. Le coût de l’énergie représente une part modérée, mais quelle qu’elle soit, il faut qu’on fasse attention.

Plus largement, comment se porte ce marché ?

C’est un marché stable. À l’école, les gens écrivent toujours autant sur des cahiers. Nous, notre mission, c’est de valoriser ce marché. On le fait avec des produits à plus forte valeur ajoutée, avec de l’innovation. Et puis, on a développé une application qui s’appelle Scribzee, qui permet de relier le papier au digital. Et effectivement, avec des petites marques qu’on trouve sur les pages de nos cahiers, l’élève peut sauvegarder ses notes et réviser quand il veut.

Comment on fait pour innover, sachant qu’on parle toujours d’un cahier ?

Déjà, on écoute les consommateurs, on fait déjà beaucoup de tables rondes. On a développé, par exemple, pour la rentrée des classes un cahier qui s’appelle Easy Book, qui permet d’avoir une couverture en plastique avec une chemise et un marque page intégrés. On a écouté nos consommateurs et ils nous disent « je veux des cahiers solides, résistants ou classer des feuilles. » Voilà comment Easy Book est né.

Vous dites : en France, on est attaché, peut-être un peu plus qu’ailleurs à la qualité du papier

Oui, déjà, le niveau de qualité de la papeterie en France est extrêmement élevé. Nous avons un taux de blancheur, un lissé assez incroyable qu’on appelle Optik paper de chez Oxford. Effectivement, on a un niveau de qualité extrêmement fort en France, notamment chez nous.

Et sachez qu’il y a aussi des modes pour les cahiers : cette année, privilégiez les tons pastels ! De son côté, Hamelin prépare déjà la rentrée 2023…

 

Lire : France Bleu du 30 août

 

Jean-Philippe Behr

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