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La presse appelle l’État à l’aide face à l’explosion du prix du papier

Les éditeurs nationaux et régionaux de presse d’information espèrent bénéficier du plan de résilience économique et sociale proposé par le gouvernement.

Après avoir tiré la sonnette d’alarme, la presse lance un appel aux pouvoirs publics. Depuis un an, l’envolée spectaculaire des prix du papier fragilise l’équilibre financier des éditeurs de journaux français. Le phénomène s’est accéléré avec la guerre en Ukraine: les papetiers confrontés à l’inflation des cours de l’électricité et du gaz, répercutent ces hausses sur les éditeurs.

«La tonne de papier est passée de 400 à 700 euros en quelques mois, et elle devrait franchir d’ici à l’été 2022 la barre des 800 euros», explique Pierre Petillault, directeur général de l’Alliance pour la presse d’information générale (Apig). L’Alliance, qui représente 300 titres nationaux et régionaux, s’est tournée vers le premier ministre, Jean Castex, afin d’obtenir une aide financière de l’État. «Elle pourrait être issue du plan résilience du gouvernement, qui soutient les filières touchées par la hausse des prix de l’énergie», abonde le directeur général.

Une conjonction de plusieurs facteurs explique la crise profonde que traverse le marché. Les usines européennes ont au fil du temps délaissé la fabrication de papier pour se concentrer sur la production d’emballages carton. Devant le succès des champions de l’e-commerce comme Amazon, et la décroissance structurelle de la consommation de papier (baisse de la vente de journaux et recul de l’utilisation d’imprimés publicitaires), nombre de papetiers ont opéré une réorientation stratégique depuis la crise du Covid. L’arrêt d’une machine entraînant ainsi des pénuries ultra-locales et des hausses brutales de prix. Comme le Groupe Figaro, certains médias achètent en direct auprès des quelques papetiers européens, comme les scandinaves Stora Enso ou Norske. D’autres se réunissent et se fournissent auprès de grossistes. Norske Skog Golbey, dernier fabricant français de papier journal, convertira dès 2023 une de ses deux lignes de production vers la fabrication de carton.

L’achat de papiers représente plus d’un tiers du coût de fabrication d’un journal. Afin de protéger leurs économies sans répercuter l’inflation sur les lecteurs, certains éditeurs de la presse régionale n’ont d’autres choix que de s’attaquer à l’offre éditoriale. Deux jours par semaine, La Dépêche du midi a décidé de faire passer le journal de 40 à 36 pages. «Nous réduisons la voilure sur nos suppléments et hors-séries, explique de son côté Gabriel d’Harcourt, directeur général de La Voix du Nord. Cette année, nous ne publierons pas nos traditionnelles 24 pages sur les résultats du baccalauréat»…

Lire la suite : Le Figaro du 13/4/22 page 30

Pascal Lenoir

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